BRESIL PRATIQUE
Navigation pour être surpris sans se faire surprendre
Dernière mise à jour : octobre 2007 - Guides Nautiques
N.B. : la mise à jour de mars 2007 intègre les dernières formalités pour laisser son bateau jusqu'à 24 mois au Brésil (suivant la loi Borges) ainsi que les formalités de prolongation du visa pour les personnes et la prolongation du séjour de navigation pour le bateau

Voilà bien un pays qui nous fait fantasmer, nous européens et surtout nous, voileux !
La réalité est à la hauteur du rêve et pour en profiter un maximum, il convient d'en connaître quelques généralités, en tant que voyageur et en tant que plaisancier.
En plus des articles sur les grandes escales du pays, nous avons rédigé un article général sur les bases à connaître et à respecter.
Elles sont écrites avec l'expérience de notre premier voyage dans la moitié nord du pays (2002), de notre voyage dans la moitié sud (2006) et de notre remontée de toute la côte brésilienne en 2007. Comme dans tous les pays, ces données sont susceptibles de changer.
Plaisance brésilienne
Peu développée jusqu'il y a quelques années, la plaisance brésilienne prend lentement son envol. Ce sont principalement les bateaux à moteur qui séduisent la clientèle. Ils doivent représenter 80 à 90% du marché. Les utilisateurs recherchent le plaisir de la pêche, des sports nautiques (glisse et natation) et aiment frimer. L'utilisation des bateaux est surtout une affaire de week-end.
Les voileux sont rares mais assez dynamiques. De nombreuses régates nationales sont organisées. La Marine Nationale soutient cette activité et forme ses futurs officiers sur des bateaux de régate. Tous les grands clubs ont au moins une régate importante par an
et prennent une part très active dans la promotion de ce sport auprès des jeunes . Le magazine spécialisé brésilien « Nautica » informe les plaisanciers.
Le top de la voile brésilienne se hisse au niveau international : le 60'open Galiléo lors de la route du Café en 2005. Le cata tout en carbone « Adrenalina », vainqueur en 2006 de la Cape Town - Salvador a réalisé le trajet en 9 jours …soit 370 milles/jour ou 15,6 nœuds de moyenne. Le 70' Open « Brasil 1» dessiné par Bruce Farr pour la Whitebread , … la liste va s'allonger.

Il existe une industrie nautique locale, elle est « supportée » par des droits de douanes exorbitants : 105% de taxe sur tout bateau neuf importé. Donc on construit local et on importe un minimum de composants. Les bateaux sont principalement en polyester. Quelques petits chantiers produisent en aluminium. La majorité des bateaux tournent autour de 36 pieds.
Le marché de l'occasion est encore mieux « supporté » par la loi : il est interdit d'importer des bateaux usagés. En conséquence, le marché de l'occasion se porte très bien et les bateaux anciens sont régulièrement rénovés. Il n'est pas rare de voir des voiliers de 40 ans d'âge entièrement remis à neuf.
Les rencontres entre plaisanciers brésiliens et étrangers sont la source d'échanges d'informations que nous recherchons toujours, même si de prime abord, les Brésiliens sont plutôt réservés. Les voiliers brésiliens quittent rarement le pays, les distances sont grandes et les pays voisins n'offrent que peu de ressources nautiques.
Ici, plus qu'ailleurs les plaisanciers moteurs ont peu d'éducation. La règle est d'aller à plein gaz le plus longtemps possible et de tourner plein pot entre les voiliers à l'ancre. Rontudjûûû !
Avec 3200 milles de côtes et une infinité de cours d'eau, les possibilités de navigation sont nombreuses. Mais les grands déplacements le long de la côte ne sont pas toujours faciles, surtout dans le sens sud > nord. Nous le verrons plus loin.
Mouillages

Globalement les fonds accrochent bien. Ils sont principalement de sable ou de vase de bonne tenue. Dans les fleuves, plus on mouille dans le courant, plus le fond est de qualité car les alluvions sont lessivés en permanence. Sur l'Amazone, durant l'été, pratiquement chaque jour amène son grain. Il peut être violent (40 à 50 nœuds). Mais le risque de dégâts est faible. On se retrouve sur la berge avec éventuellement un peu de gîte. C'est tout. Les "îles flottantes" (amas dérivants de débris végétaux) peuvent causer des soucis. Reportez-vous à notre article "Navigation sur les fleuves tropicaux" pour plus de détails.
Le marnage est généralement compris entre 0,5 et 2 mètres dans le pays (sauf 3 m dans le delta de l'Amazone). Plus on descend vers le sud, moins le marnage est important
Marinas
Les clubs nautiques sont souvent des clubs de VIP locaux. Ces « socios » (membres) ne font pas nécessairement du bateau mais il est de bon ton de faire partie du Club de sports nautiques de la ville. C'est la raison pour laquelle les installations des clubs sont nombreuses. Piscines, sanitaires, terrain de basket, de tennis, de fitness jouxtent généralement le restaurant avec vue sur le port. Le bateau visiteur peut profiter des installations.

Les marinas ont toujours un service de gardiennage 24/24. A l'entrée comme sur les pontons. Ceci est nécessaire, surtout lorsque la marina jouxte une favela…
Les installations portuaires elles-mêmes sont très variables. A Ilhéus, elles se résument à un plan incliné, un tracteur, du personnel de manutention et un parking à bateaux. A Belem, juste un ponton de déchargement. A Salvador, la Bahia Marina offre toutes les infrastructures d'une marina moderne avec catways et wifi. Au sud de Rio, dans la région de Paraty, ce sont de multiples marinas qui ont fleuri avec l'essor de la plaisance.

Les marinas brésiliennes offrent parfois la gratuité des premiers jours à quai. Dans la communauté yachties, cela s'apprend vite. Ensuite les prix sont très variables. Du simple au quadruple entre le port communal de Salvador (Cenab) et le Iate Club de Rio. Comptez entre 2 et 6 réals le pied (2007).
Négocier est faisable, surtout pour un stationnement d'un mois ou plus. Il ne faut pas hésiter à faire jouer la concurrence ou faire une contreproposition. A Angra dos Reis, le prix demandé était de 250 R$ pour 1 nuit, j'ai obtenu 150R$ en une rapide négociation. Ce montant étant déjà très cher pour le pays.
Les marinas demandent les papiers du bateau et parfois les documents officiels d'entrée dans le pays.
Sorties de l'eau
Les travelifts et autres moyens de sortir son bateau de l'eau ne sont pas légions au Brésil. Je vous indique ci-dessous une liste non exhaustive des endroits que j'ai repérés. Les distances entre ces lieux sont parfois grandes. Calculez votre coup.
- Belem et Santarem (Amazone) : rien
- Fortaleza – chantier naval – grue 60 T (n'ont pas de sangles, seulement des élingues d'acier) ou plateforme sur rails (cher)
- Recife : rien
- Salvador – Bahia Marina – travelift 40 T – www.bahiamarina.com.br
- Paraty – Marina Porto Imperial – travelift ? T – www.marinaportoimperial.com.br
- Angra – Marina Verolme – 22°59'52,48”S 044°14'59,19”W- travelift 50 T – www.marinaverolme.com.br
- Santos – Pier 26 – 24°00'16”S 046°17'58”W – travelift 35 tons
Formalités

A l'entrée dans le pays, il faut s'astreindre à quelques formalités. A Salvador, elles prennent une demi-journée. Important : il faut se présenter aux autorités vêtu d'un pantalon long, d'une chemise ou d'un polo et de chaussures. Ils sont impeccablement habillés et ne comprendraient pas que nous ne leur rendions pas cette politesse. C'est la première chose que dit le secrétariat des clubs nautiques.

Formalités d'entrée :
ACTE 1 : l'immigration de l'équipage. Un visa préalable n'est pas requis pour les ressortissants européens et suisses. Le visa donné à l'entrée dans le pays est valable 90 jours. Il peut être prolongé de 90 autres jours. Cette demande doit se faire au moins 15 jours AVANT l'expiration du premier délai. Ce premier acte se joue à la Police Fédérale (Bureau de l'Immigration)
ACTE 2 : la libre circulation du bateau dans le pays. C'est un document fédéral qui indique la date d'entrée officielle du bateau. Ce dernier est autorisé à naviguer 180 jours dans le pays. Il doit impérativement sortir ensuite jusqu'à l'année calendaire suivante. S'il reste plus de 180 jours, il peut être soumis à la taxe d'importation de 105% … Ce deuxième acte se déroule à la Receita Federal.
MAIS depuis septembre 2006, la nouvelle loi modifiant le séjour des bateaux de plaisance est entrée en vigueur. Votre bateau peut rester maintenant 24 mois au Brésil sous le régime de l'importation temporaire
(voir ci-dessous). Cette loi est tellement neuve qu'elle est diversement comprise dans les bureaux des Receita Federal. Je suppose que l'information va finir par mieux circuler. Si votre bateau peut rester plus longtemps, ce n'est pas votre cas. Vous êtes toujours limité à 6 mois, mais par contre, vous pouvez rentrer au pays durant 6 mois et revenir pour 6 mois, jusqu'à la fin du permis de votre bateau. Attention : vous aller devoir ici signer un document où vous vous engagez à payer une lourde taxe si vous ou votre bateau disparaissez sans prévenir après votre séjour légal. Cette taxe est calculée sur la valeur du bateau. Il faut donc déclarer une faible valeur (100.000 US$ est le max). Ceci minimisera la sanction en cas de problème. Ce document est censé vous décourager de vendre votre bateau en douce. Il implique également de bien faire votre sortie du pays en heure et en temps. ACTE 3 : il se joue au bureau de la Vigilencia Sanitaire où l'on vous délivrera un certificat de bonne santé si c'est le cas. Une tonne de papier à cocher. En général, on répond NON partout.
ACTE 4 : l'épilogue aura lieu à la Capitania dos Portos qui contrôlera les documents des trois bureaux précédents et vous remettra enfin votre sésame pour la navigation au Brésil : une liasse de documents
Régime d'importation temporaire :
Vous pouvez télécharger (.pdf) un extrait du décret de loi en question en cliquant sur Décret de Loi 5887 du 06/09/2006. La traduction française se trouve à la suite du texte en portugais (merci Augustin !)
En pratique comment cela se passe-t-il actuellement ?
ACTE 1 : vous allez à la Receita Federal pour faire part de votre intention de laisser votre cher navire seul au Brésil. Ils prendront note de votre demande et exigeront une attestation de la marina ou du chantier où résidera le bateau. Ils spécifieront les éléments de l'attestation.
ACTE 2 : à la marina ou au chantier, vous demanderez cette attestation. Cela ne leur fera pas plaisir, car ils s'engagent à garder le bateau amarré, ce qui signifie sans naviguer. Hors de question de le prêter ou de le louer durant cette période. Il est virtuellement à la chaîne.
ACTE 3 : vous retournez à la Receita Federal pour leur remettre l'attestation. Ce sera en ordre, mais vous ne recevrez pas de document spécifiant que votre bateau est sous douane...
Il est très probable que dans les mois à venir, les documents vont être modifiés et imprimés. Les termes de responsabilité des marinas et chantiers devront également être clarifiés .
Formalités de sortie : ACTE 1 : à la Police Fédérale pour rendre le carton blanc qui vous a été remis à l'entrée dans le pays en même temps que le tampon dans le passeport
ACTE 2 : à la Receita Federal : Ils prennent note de votre sortie, vous délivrent un sésame et vous êtes délivrés des sanctions fiscales qui pesaient sur vous
ACTE 3 : à la Capitania dos Portos pour faire établir que le bateau sort du pays
Ceci dit, nous avons déjà fait une sortie du pays en passant uniquement à la Capitania dos Portos, qui a fait le nécessaire pour le bateau ET pour l'équipage. L'officier étant de bonne volonté et moi surpris, mais entièrement d'accord. Ce n'est probablement pas la voie à suivre. Une fois la sortie administrative du pays faite, il est toléré que vous fassiez des escales en cours de navigation vers un pays voisin, si la météo est mauvaise
Formalités intermédiaires :
Les formalités à faire entretemps sont les entrées/sorties dans les Etats abordés. Vous quittez l'Etat de Bahia pour l'Etat de Rio. Vous demandez une sortie à Bahia et une entrée à Rio .
Ces formalités se font en trois actes :
ACTE 1 : il faut demander le document de sortie à la Police Fédérale. Il remplacera le document d'entrée dans la liasse des documents.
ACTE 2 : il faut demander le document de sortie à la Receita Federal. Il remplacera le document d'entrée dans la liasse des documents. MAIS, ceci n'est pas très clair. A l'entrée dans le pays, on m'a déjà dit que je ne devais revoir la Receita Federale qu'en quittant le pays (normal, c'est la douane qui doit savoir quand vous entrez et quand vous sortez). Je me suis pourtant pris un sermon à la dernière sortie. La douanière précisant que je devais visiter la Receita Federal dans chaque Etat. Donc, demandez ce qu'il en est lors de vos formalités d'entrée.
ACTE 3 : passer à la Capitania dos Portos pour faire noter sur les documents que vous quittez l'Etat pour telle destination.
Tant que vous naviguez dans l'Etat que vous quittez en vous dirigeant vers le suivant, il n'y a pas de formalités à accomplir. Il n'y a pas de timing exigé. Vous pouvez mettre une semaine pour passer d'un Etat à l'autre en faisant des escales dans des coins perdus.
N.B. : certains Etats ont des particularités, seulement propres à la personnalité des officiels ... Il est donc possible de se trouver face à quelques variantes !
Attention : les officiels sont bien organisés et informatisés. L'information de votre voyage vous précède dans le bureau de destination. C'est assez facile, parce qu'ils vous attendent. Donc pas de fausse route sous peine de longues explications dans une langue mal maitrisée. Si vous rentrez en Europe avant les 3 mois de votre visa de séjour (pour passer Noël en famille par exemple), vous ne devrez pas demander de prolongation de visa puisque vous en aurez un tout neuf en descendant de l'avion.
Nous avons rencontré plusieurs hors-la-loi. Des navigateurs qui restaient au Brésil après avoir épuisé le temps officiel. D'autres qui arrivaient à le prolonger par des moyens illicites. Il est vrai que les contrôles sur l'eau sont quasi inexistants, mais vous risquez la saisie du bateau puis une forte amende. A vous de voir, mais n'oubliez pas la corruption peut se retourner contre vous.
Formalités de prolongation :
Prolongation du visa de tourisme : se rendre à la Police Fédérale avec votre passeport. Demander la prolongation du visa. Cette demande doit se faire au moins 15 jours AVANT l'expiration du premier délai. Vous avez droit à trois mois supplémentaires. Normalement, le fonctionnaire ajoutera trois mois après la date d'échéance du premier visa. Mais il est déjà arrivé qu'il ajoute seulement trois mois à la date de votre demande. Ce qui raccourcira votre séjour d'autant. Posez la question avant de faire les formalités.
Prolongation du séjour de navigation du bateau : se rendre à la Capitania dos Portos. Remettre la liasse de documents en demandant une prolongation de trois mois. Normalement, le fonctionnaire ajoutera trois mois après la date d'échéance du premier visa. Mais il est déjà arrivé qu'il ajoute seulement trois mois à la date de votre demande. Ce qui raccourcira votre séjour d'autant. Posez la question avant de faire les formalités. Guides nautiques
- La grosse quinzaine de destinations traitées par Caramel sont très détaillées. Si elles ne couvrent pas tout le pays, ce sont les destinations les plus fréquentées. Je vous conseille de les imprimer en cliquant sur le lien PDF visible au bas de chaque article. Ces rubriques écrites à l'origine pour Sail the World ne sont mises à jour que sur le site de Caramel. Il est donc important de les imprimer d'ici.
- Cruising Coast of Brasil de Marçal CECCON. En anglais. Le seul guide spécifique au Brésil. Assez basique, édité sous forme de photocopies, il ne comprend qu'une trentaine de destinations. L'édition 2006 est la dernière que j'ai vue. Normalement, Marçal la révise et la réédite tous les 2 ans. Ce guide était en vente en France chez Attitude, mais Marçal m'indique (octobre 2007) que ce n'est plus le cas. Il vous reste donc la possibilité de le commander à la librairie Bluewaters à Fort Lauderdale, qui expédie sans problème dans le monde entier. Dans le champ "search" de leur site, entrer "Coast of Brasil", vous tomberez sur le guide de Marçal à 50$ (octobre 2007)
- South America nautical guide chez Imray. En anglais. Plus très récent
- Guide nautique du Brésil de Michel BALETTE. En français, qui sort en principe en 2007 aux Editions du Plaisancier. Le plus récent qui intégrera des extraits des cartes de la Marine nationale brésilienne

- Guide nautique du littoral de Bahia, édité par le Gouvernement de l'Etat de Bahia en 2005 et traduit en français par Bruno Tromeur en 2006. Il est disponible au Cenab au prix de 70 réis. Très complet avec des vues aériennes splendides, des cartes et une foule de waypoints. C'est plus clair que les guides de Bretagne ...
- Guias Nautica : deux guides d'Hélio Magalhães sur « la baie de Salvador » (45 réis - existe en français) et « d'Ilheus à Morro de São Paulo » (moins complet que le "guide nautique du littoral de Bahia"). Bien faits avec de bonnes cartes, des waypoints et des vues aériennes. Ils semblent actuellement épuisés, mais je les mentionne car vous en trouverez-vous peut-être encore quelque part.
.
- Angra & Paraty : un petit guide pratique sur la baie d'Ilha Grande, édité tous les ans par la revue Nautica ( www.nautica.com.br ). Il est donné gratuitement avec un numéro de la revue qui se vend toute la saison chez les libraires. Indispensable pour savoir où se trouvent toutes les marinas, car elles ne sont pas sur vos cartes !
Cartes

Le pays est bien couvert par les cartes papier de la Marine nationale. Les cartes peuvent s'acheter au meilleur prix directement auprès des services de la Marine nationale (Rio, Salvador, Santos, …). On peut également les trouver dans le (petit) réseau de shipchandlers « Regatta » ( www.regatta.com.br) ou dans les magasins de pêche.
Nous utilisons la cartographie C-Map qui est correcte. La cartographie Mapmedia est assez complète pour le Brésil
Balisage
On est en hémisphère sud : vert à gauche et rouge à droite.
Mais les formes restent identiques : conique à droite et cylindrique à gauche
On pourrait dire : tricorouge et bacyvert …je vous embrouille ?
Météo infos

Dans l'ordre pratique :
- fichiers grib sur www.navcenter.com ou www.globalmarinenet.com
- standard C (LES 114) donne 2 x jour météo pour toutes les zones côtières et pour les 2 zones du large
- http://weather.gmdss.org pour avoir le même bulletin que sur le C mais via l'Internet. Sélectionner la METAREA 5
- http://www.mar.mil.br pour avoir un bulletin météo, des tables de marées et différentes autres choses
- http://www.climatempo.com.br pour un bulletin météo
- Windguru et buoyweather qui ne sont pas mal et très visuels
- Facsimilé météo : 16.978 KHz de 07h45 à 08h30 et de 17h45 à 18h30
- VHF 16 sur demande aux alentours de tous les ports de la côte. En brésilien ou en anglais
- Pas de Navtex
Système météo en bref
ETE : la situation normale est formée par les alizés NE de l'Atlantique qui remontent la côte au nord de Recife (ESE) et redescendent la côte au sud de Recife (ENE). Vitesse autour de 12 nœuds. Temps généralement beau. Averses possibles le soir sur la côte. Plus on descend vers le sud, plus le régime de l'alizé risque d'être perturbé.
Régime perturbé : un front froid remonte du sud. Le baro descend. Le vent de NE passe au NW puis au SW en fraîchissant. La température baisse. Le front remonte jusqu'à Rio et plus rarement jusqu'à Salvador. Le mauvais temps s'installe pour 2 ou 3 jours. C'est le moment de faire route pour ceux qui remontent vers le nord.
Dans la poche entre Rio et Florianopolis, les vents sont plus faibles (surtout Ilha Grande – Paraty - Angra) et plutôt orientés E.
HIVER : ESE généralisé au nord de Rio. Fronts froids plus nombreux au sud de Rio amenant des vents de secteur S. Attention aux violents pampeiros, vents du SW qui atteignent facilement 60 nœuds durant quelques heures et qui sévissent surtout en hiver. Après un pampeiro, le vent peut forcir et basculer au SE en devenant carpinteiro, en levant une mer grosse et poussant les navires à terre. La tactique est de se laisser porter au large par le pampeiro (SW), afin d'avoir de l'eau à courir en cas de rotation en carpinteiro (SE).

Courants
Le courant guyanais créé par les alizés qui traversent l'Atlantique se divise en deux branches à hauteur de Recife. La branche nord pousse vers les Antilles parallèlement à la côte. La branche sud pousse vers l'Argentine, parallèlement à la côte.
Sa vitesse est de 2 nœuds en été et de moins d'un nœud en hiver. Plus on descend vers le sud, moins il est fort. Attention, Il peut varier de plus d'un nœud en fonction de la profondeur et de sa combinaison avec le courant de marée (notamment Cabo Frio).
Lors du passage d'un front froid, le vent du secteur sud peut lever contre le courant une mer inconfortable.
Pour mémoire, l'Amazone déverse quotidiennement en mer, des milliards de m³ d'eau douce chargée de limons. Ces limons sont emportés vers le nord par le courant. On le voit très bien sur une photo satellite. Ne vous étonnez donc pas si vous naviguez jusqu'en Guyane avec moins de 10 m d'eau sous la quille. C'est un peu stressant au début, puis votre attention est totalement accaparée par les centaines de barques de pêche qui travaillent sur ce banc. Surtout la nuit …
Stratégie de navigation
En règle générale on descend la côte en été (décembre à mars) et on la remonte en hiver.
Vers le nord : le passage de fronts froids permet de profiter de vents du secteur sud en principe jusqu'à Rio. Au-delà, c'est plus difficile sauf en hiver
Vers le sud : c'est facile, tout porte vers le sud et les moyennes seront excellentes. On se méfiera des coups de sud en hiver
Vers l'Uruguay et l'Argentine : hors saison d'été, il est important de s'assurer d'une couverture météo suffisante pour couvrir une étape. Celles-ci sont longues et sans abris intermédiaires : près 400 de milles entre Florianopolis et Rio Grande, près de 260 milles entre Rio Grande et Punta del Este, près de 180 milles entre Punta del Este et Buenos Aires. Idéalement il faut être rendu en Uruguay ou à Buenos Aires pour le 15 mars, afin de profiter encore des vents favorables et de l'absence de pampeiros.
Navigation de nuit
Tout le long de la côte brésilienne, naviguent des pêcheurs, de jour comme de nuit. Le type d'embarcation varie suivant la latitude : grosses pirogue dans l'estuaire de l'Amazone, jangadas à hauteur de Fortaleza, barques à Salvador, gros bateaux de pêche plus au sud.

Les techniques de pêches varient suivant la profondeur. On trouve la pêche à la ligne, le filet de fond, le filet de surface, la senne, le chalut.
Le plus gênant est le filet de surface, surtout de nuit. Les symptômes sont les suivants :
- bateau de pêche d'une quinzaine de mètres dont le pont est éclairé par des phares puissants
- sur son bâbord ou son tribord, distant de +- 500 m, une loupiote beaucoup plus faible
Dans ce cas de figure, il y a beaucoup de chance qu'un filet flottant relie ces deux lumières. On passera prudemment en dehors. Nous laissons la VHF allumée sur 16, mais le brésilien des pêcheurs est très difficile à comprendre.
Pour les chalutiers et les senneurs, c'est facile, il suffit de les éviter franchement. Pour les petites embarcations, la difficulté vient du manque de visibilité. Souvent ils n'ont qu'une très petite loupiote. Dans le delta de l'Amazone, ils ne l'allument que très tard.

Dans tous les cas de figure, une veille vigilante est nécessaire. Surtout dans la région du Cabo Sao Tomé. En plus des pêcheurs, on trouve un nombre important de bateaux de travail qui font la liaison entre la côte et le champ pétrolier. Ce dernier est à éviter totalement …
Gasoil
L'approvisionnement en gasoil est facile. Tous les ports d'une certaine taille ont une pompe à quai. Sinon, on bidonne sans difficultés. Il est possible d'obtenir de l'aide facilement pour cette tâche. Sur l'Amazone, toutes les villes ont des pompes pour les bateaux.
La qualité du gasoil est bonne. Nous n'avons jamais eu de problèmes. Un fond de cuve est toujours possible, comme en Europe. Nous mettons du biocide à tout hasard.
Le prix début 2007 est de 0,75 € le litre (1,89 réis). Il a augmenté par rapport à 2002, comme partout dans le monde.
Electricité
La tension disponible sur les quais est presque toujours 110 et 220 V. Les prises sont de type européen (rond et bleu). L'ampérage est largement calculé.
Eau
L'eau de ville distribuée sur les pontons n'est pas considérée comme potable ! Nous en avons toutefois toujours fait notre affaire en la filtrant préalablement avec un filtre 5 microns. Pour la boire, elle traverse un autre filtre General Ecology. Pas de turista en vue jusqu'à présent.
Il est toujours possible de se faire livrer de l'eau minérale en touries de 20 L ou de récolter de l'eau de pluie sur l'Amazone. Voyez le chapitre sur l'eau de notre site pour tous les détails.
Gaz
Ici, plus d'échange des bouteilles de Camping Gaz. Il est possible de les faire remplir à l'usine à gaz. Le secrétariat des marinas vous indiquera l'adresse et vous proposera aussi de vous les faire remplir. Il s'agit de butane.
Ordures
Toutes les marinas et tous les villages ont des poubelles à votre disposition.
Un système de tri sélectif se met en place. Pas la peine de cochonner le littoral ou les fleuves.
Internet
Le pays est au standard ADSL mais plutôt lent. Normalement, on trouve des cybercafés facilement, surtout dans les endroits touristiques. On tombe encore parfois (rare) sur un PC sans prise USB, ne jetez donc pas vos disquettes et le lecteur externe 3,5' de votre superbe portable. Les prix varient entre 2 et 5 euros l'heure. De plus en plus, les marinas disposent du WiFi captable à bord. Il est généralement gratuit. Idéal pour téléphoner avec Skype.
Téléphone

Les cabines publiques sont légions, mais les cartes internationales sont frustrantes. Pour 10 réals, vous ne téléphonez que quelques minutes en France. Le numéro à former est souvent un casse-tête, car vous pouvez choisir votre opérateur téléphonique, ce qui changera le préfixe du numéro. Ce qui marche souvent c'est : 00+21+code pays+code ville+numéro abonné par exemple 00 21 33 144 33 22 11 pour un abonné à Paris. Si le code de l'opérateur téléphonique 21 ne marche pas, formez le 31, cela devrait fonctionner.
Le plus flexible est d'appeler dans un centre de communication, souvent jumelé à un cybercafé (0,75 euro/min). Les cybercafés s'équipent maintenant en Skype. Le casque micro (et la web cam) est monté, le logiciel installé. Il suffit de vous connecter sur votre compte et en avant le blabla. Vous pouvez aussi utiliser votre PC portable et Skype (out). Beaucoup de gens causent à leur PC dans les cybers.
Le GSM européen fonctionne maintenant au Brésil, mais gare, la facture est salée : plus de 3 euros la minute. C'est moins cher de téléphoner avec son Iridium.
Si vous restez un certain temps au Brésil, il est avantageux d'acheter une carte SIM prépayée pour votre GSM. Vous aurez un numéro brésilien et vos relations européennes pourront vous joindre à moindre coût pour tous.
Laverie
Service pressing partout dans les villes, mais le linge n'est pas toujours très propre et il y a parfois moins de pièces au retour qu'à l'aller. Le secrétariat des marinas connaît les adresses.
Avitaillement

Tous les Etats ont leur chaîne de grands magasins d'alimentation. On y trouve globalement toujours les mêmes produits qui satisferont la plupart des yachties. Le coût de l'alimentation est un peu inférieur à l'Europe. La viande est bien moins chère et d'excellente qualité. Essayez le "Picanha" sur votre barbecue. Pour vous aidez dans la terminologie des viandes brésiliennes, vous pouvez télécharger le comparatif brésilien <> français des noms de viande. Cela vous sera utile également dans les churrascarias. Les légumes conservés au froid ont tendance à pourrir en trois jours, une fois montés à bord. Le poisson est presque toujours surgelé pour des raisons de chaleur.
Faire ses courses sur les marchés de fruits et légumes est une autre possibilité. Mieux vaut avoir des petites coupures de monnaie pour payer.
Le Brésil, c'est le pays de la caïpirinha (je ne vous apprends plus rien), mais c'est aussi le pays de la bière. Légère, elle se consomme en boite de 350 cl (lata) ou en bouteille de 600 cl … bien glacée. La Bohemia est la meilleure, sinon la Brahma. Essayez aussi la "Bohemia de trigo". Pas facile à trouver mais délicieuse. C'est une bière de type "blanche non filtrée".
Le vin brésilien n'est pas vraiment terrible. La sélection impitoyable faite par plusieurs bateaux sur un mois de temps donne comme valables : le RESERVA MIOLO FINO (chardonnay ou pinot noir seuls et pas mélangés à d'autres cépages) et le RIO SOL (comparable aux meilleurs crus provençaux comme le Jas d'Esclans par exemple). Les vins argentins et surtout chiliens compensent la faible qualité de l'offre brésilienne.
Shipchandler
Il se fait rare. Dans les lieux fréquentés par la plaisance comme la région de Paraty et Angra, il y en a plusieurs. Ils fournissent les équipements de base. Pour le matériel plus important, il faut commander. Le réseau de shipchandlers « Regatta » ( www.regatta.com.br) présente un catalogue facilement disponible dans les Clubs Nautiques. Les prix sont approximativement 50% plus chers par rapport à la France. Les magasins pour pêcheurs sont assez bien fournis et il n'est pas idiot d'y aller faire un tour.
Shopping

L'habillement, même de luxe est nettement meilleur marché qu'en Europe. C'est l'occasion de se renipper, mais seulement en vêtements d'été of course. Les bikinis laissent peu deviner et beaucoup montrer. Les tongs se déclinent en centaines de versions.
Le petit électroménager (toaster, ventilateur, mixer) que vous rêvez d'avoir à bord est disponible partout, mais contrôlez avant de l'acheter si la tension est bien du 220 V.
Restos
Si vous en avez assez de la feijoada et de la cuisine bahianaise, il vous reste la churrascaria (grillades savoureuses et gargantuesques) ou les restaurants japonais qui percent bien au Brésil. Sinon, vous irez manger dans un des innombrables restos au kilo (quilo). Vous vous servez au buffet et votre assiette est pesée à la caisse (entre 10 et 20 réals le kilo suivant la qualité du resto).
. Argent
En janvier 2007, le cours est de 2,60 réals pour un euro, mais il peut fluctuer largement. On retire de l'argent seulement dans les ATM marqués VISA, MASTERCARD, … Pas dans les autres.
Des euros ou des $ peuvent être changés dans certaines banques. Pas toutes et seulement dans les grandes villes. Se renseigner à l'entrée auprès du vigile. Dans des lieux très touristiques, comme Salvador, il peut être avantageux de changer dans les boutiques ou agences de voyage qui offriront un meilleur taux. Le change dans la rue est à éviter.
Les conditions de sécurité et la manière de transporter ses sous sont traités dans le chapitre "Argent" du site de Caramel.
Médical
Les soins de santé sont aussi bons au Brésil qu'en Europe, à condition de se faire soigner par le secteur privé au gros prix. C'est vrai pour le médical comme pour le dentaire. Une assurance soins de santé « voyageurs » peut se révéler utile.
Taxi
Peu cher (par rapport à Paris), il convient de négocier la course avant le départ si vous connaissez le prix habituel ou de vérifier que le compteur est bien branché. Sur « 1 » la journée et sur « 2 » le soir et le dimanche. En général, il n'y a pas de problème avec les taxis et c'est souvent l'occasion d'apprendre quelque chose en parlant avec eux.
En soirée, il est impératif de se déplacer en taxi pour des raisons de sécurité, même pour 500 m dans des villes comme Salvador ou Rio.
La conduite automobile en ville au Brésil est un sport ou un art, je n'ai pas encore bien compris.
Bus

Les transports en bus municipaux sont normalement peu chers, mais la sécurité peut laisser à désirer aux dires des copains qui habitent le Brésil. Les bus sont parfois rackettés. Nos copains franco-brésiliens évitent de le faire.
Pour les trajets entre les Etats, il existe les bus de nuit. Très confortables, certains ont même des sièges qui se transforment en couchettes. Ils appartiennent à des compagnies privées et sont sûrs. C'est aussi une manière de découvrir le paysage durant la journée.
Avion
De nombreuses compagnies se partagent le marché. Varig, la compagnie nationale est en faillite, mais sera reprise, paraît-il (début 2007). La Tam est intéressante. La Gol cherche à faire sa place avec des avions récents. Des compagnies régionales existent également. Bref, un peu de tout.
Les fréquences sont nombreuses sur toutes les destinations. Indispensable pour visiter cet immense pays.
Délinquance

La violence, n'est pas un vain mot. Mais si vous écoutez tout ce qu'on vous raconte sur le sujet, vous ne viendrez pas au Brésil. Je connais personnellement plusieurs anecdotes parfois sanglantes qui sont arrivées à mes copains vivants au Brésil, pourtant j'y suis retourné.
Il faut prendre des précautions de base :
- s'habiller à la brésilienne pour ne pas être trop voyant
- ne pas porter de bijoux ou d'appareil photo trop voyant
- ne pas porter de montre ostentatoire (une vieille Swatch pourrie donne aussi l'heure) ou mieux, pas de montre du tout
- ne pas avoir des originaux de papiers sur soi (une copie de passeport seulement)
- ne pas prendre trop d'argent et cacher le plus gros dans son caleçon
- ne pas résister en cas d'attaque. Donner l'argent des poches en espérant garder les billets planqués dans le caleçon. Si votre agresseur semble en état d'excitation anormal avec des yeux allumés, il y a de forte chance pour qu'il soit sous l'emprise de cocaïne. Calmer le jeu et obtempérer
- le policier qui vous contrôle peut aussi être dans cet état. Donc ne discutez pas trop !
- garder toujours son verre à la main dans un bar de nuit (la « drogue du viol » qui annihile toute volonté est rapidement versée dans votre verre. C'est arrivé à notre copain Raymond qui s'est fait dépouiller). Il a mis plus d'une semaine à s'en remettre
- ne pas se promener en rue le soir, sauf dans les endroits sécurisés (Vieille ville de Salvador jusqu'à minuit par exemple)
- etc…
Finalement ce sont des mesures de bon sens qui s'apprennent vite. Malgré cela, il y a encore des copains et des équipiers qui se sont faits voler à Salvador : une montre et un appareil photo arrachés de force et une étourdie qui sortait avec ses bijoux de fantaisie s'est carrément fait tabasser. Pas la peine d'aller déposer plainte à la Police, vous aggraveriez votre cas !
Tourisme

C'est toujours le même problème en bateau, il faut trouver un emplacement sûr pour l'y laisser avant de partir pour plusieurs jours. Il y a plusieurs marinas qui répondent à ce critère (Jacaré, Salvador, Vitoria, Rio, Paraty, Angra,
Rio Grande…). Il faut aussi qu'il vous reste du temps après l'entretien et les réparations. Parfois il faut se botter les fesses pour quitter son cher navire.
Croisières locales
Vous avez fait votre entrée dans le pays, vous pouvez donc naviguer au Brésil et même demander à des amis locaux ou venus d'Europe de vous accompagner un bout de chemin. S'ils vous accompagnent d'un point de sortie d'un Etat au point d'entrée d'un autre Etat, signaler le à l'officier qui tamponne vos documents. Vous serez alors parfaitement en règle. Si c'est pour faire des ronds dans l'eau dans la baie de Salvador, ce n'est pas la peine.
Baignade

Sous les tropiques et l'équateur, l'eau a +-27 °C, mais plus on descend vers le sud, plus elle se rafraîchit, pour atteindre 16°C en hiver sur le littoral de Rio Grande do Sul.
En mer, les eaux sont relativement claires dans les zones sableuses, mais plutôt vaseuses dans les bonnes baies de mouillage. L'archipel de Fernando de Noronha offre une eau limpide à souhait. J'ai toujours nagé partout sans m'estimer en danger, même si aux Abrolhos, on partage la baignade avec de petits requins citron.
Les fleuves charrient des tonnes de limon (et de débris végétaux). L'eau est généralement couleur chocolat au lait. Quelques fleuves (rio Tapajo par exemple) ont des eaux « noires » qui sont un peu plus transparentes et invitent à la baignade. S'y baigner avec des serpents est un risque qui n'est pas nécessairement dangereux, mais je n'aime pas trop. Allez savoir pourquoi !
Plongée

Sur les îles du large et sur la face rocheuse et exposée à la mer des baies, l'eau est claire et les possibilités de plongées nombreuses. Aux Abrolhos, il suffit d'un masque et des palmes pour se balader dans un bon résumé des poissons tropicaux de belles tailles et peu farouches. A Fernando de Noronha (et à bien d'autres endroits), la plongée en bouteille se pratique dans le cadre d'excursion avec guide, j'ai trouvé les lieux splendides. Les vieux routards des plongées tropicales resteront un peu sur leur faim par rapport à la Mer Rouge.
La chasse sous-marine n'est pas interdite (hors réserves naturelles évidemment), mais je ne l'ai pas pratiquée au Brésil.
Pêche

Cela mord toujours le long de la côte brésilienne. Les plaisanciers brésiliens sont d'ailleurs souvent pêcheurs avant d'être amateurs de bateau. Bonites, thons, daurades, espadons, barracudas nagent dans les eaux et se laissent parfois attraper. Rappelez-vous qu'il faut au moins deux cannes en traîne pour vraiment pêcher.
Musique
La musique est omniprésente au Brésil et déclinée sur différents rythmes suivant la latitude. Lors de notre premier voyage dans le Nordeste, nous avons entendu les musiques cadencées de brega, foro, frevo, samba qui se prêtent bien au carnaval et font danser les foules.
Les tripes de l'Etat de Bahia vibrent au son des percussions. Plus au sud, l'influence américaine se fait sentir. Les radios passent autant de musique anglo-saxonne que brésilienne. Le rap brésilien conquiert son droit de cité. Le "funk brésilien" est à gerber. La MPB (musique populaire brésilienne) est encore assez présenet et bien agréable.
Si comme moi, vous aimez la bossa-nova et autres musiques « suavé », il faudra acheter les CD des anciens (Tom Jobim, Gilberto Gil, Bebel Gilberto, Gaétano Veloso, Chico Buarque, …). C'est complètement has been ici, sauf parfois dans certains restos pour touristes.
Langues
Au Brésil, on parle le brésilien qui est une langue un peu différente du portugais, surtout dans sa prononciation. Au début la langue est un peu déroutante. C'est plus facile à lire qu'à entendre. Si l'espagnol ne vous est pas étranger, vous allez vous en sortir.
Les brésiliens ne parlent pas d'autres langues, à moins d'avoir à faire à des personnes d'un bon niveau de formation.
Bestioles

Ce sujet ainsi que le paludisme sont longuement traités sur notre site.
Disons plus particulièrement que les années ne se ressemblent pas. Depuis notre départ d'Europe en été 2005, n ous n'avons pratiquement pas eu de moustiques ni au Cap Vert, ni au Sénégal, ni au Brésil. Ce qui n'était pas le cas en 2001-2002. Ceci est peut-être du à une année beaucoup plus sèche.
A part les moustiques (paludisme et dengue), il faut moins se méfier des serpents que des loubards des ville.
Conclusions
Le Brésil n'est pas un pays, c'est un continent. Il y a autant de différences entre un caboclo du Rio Amazonas et un intellectuel de Belo Horizonte, qu'entre un lapon danois et un grand couturier « français ». Le pêcheur sur sa jangada à Fortaleza navigue à des années-lumière du riche industriel de Sao Paulo sur son yacht futuriste.
Cette « humano-diversité » est la richesse du pays. Elle produit de l'écriture, de la peinture, de l'architecture, de la musique, de la médecine de qualité, des avions, des voitures, du biocarburant, des richesses minières, des pierres précieuses, de la bière, etc...
Malheureusement, le bien-être social est très inégalement réparti. Ce pays qui fait partie des dix pays les plus riches du monde, condamne pratiquement la moitié de sa population sous le seuil de pauvreté et le quart de sa population à avoir faim.
La violence est à la température tropicale : hot ! Des dizaines de cadavres jonchent quotidiennement les grandes cités. Tellement banal qu'on n'en écrit plus grand-chose dans la presse. L'appareil policier et politique est gangrené par la corruption. Mais qui a le pouvoir de jeter l'anathème et de jouer les redresseurs de tort ? Pas la première présidence de gauche semble-t-il, elle-même empêtrée dans quelques « affaires ». Un grand espoir pourrait être déçu et risque peut-être de faire basculer les désespérés dans la révolte et ramener la dictature militaire au pouvoir.

Pour le vulgum marinus, ceci ne saute pas aux yeux. Les balles perdues sont souvent concentrées dans les mêmes quartiers peu fréquentables. Il peut se contenter de goûter l'accueil et la gentillesse brésilien, de déguster la caïpirinha, de se goinfrer d'images exotiques, de savourer l'infinité des fruits indigènes, de s'émerveiller de la taille des insectes à la mesure du pays, de se rincer nu sous les trombes pluviales, au gré des zigzagodromies littorales que les six mois du visa d'immigration vont contraindre à des choix cornéliens.
Allons, on ne va pas refaire le monde, nous sommes des marins, pas des philosophes. Louvoyons donc s'il le faut, mais c'est plein vent arrière que ce pays s'embrasse. Il n'y a aucune raison de s'en priver.
Sus au sud et bon vent !
Escales traitées par Caramel
Les escales suivantes ont été publiées sur Sail the World et sont disponibles sur le site de Caramel (pour des raisons de temps, les mises à jours sont toujours réalisées d'abord sur le site de Caramel).
Fortaleza - Fernando de Noronha - Salvador de Bahia – Vitória – Paraty – Angra dos Reis – Camamu – Ilhéus – Abrolhos – Buzios – Porto Belo – Rio-Niteroi – Pinheira – Rio Grande
Elles correspondent aux escales faites lors de deux derniers voyages au Brésil. Nous n'avons pas voulu traiter les villes où nous nous sommes arrêtés lors de notre premier voyage en 2002. Les informations n'étant plus assez fraîches dans nos têtes ! D'autres peuvent reprendre le flambeau …
VERSION PDF DE CET ARTICLE A TELECHARGER (le Décret Borges autorisant le stationnement du bateau durant 24 mois et le comparatif des noms de viandes sont inclus dans ce document PDF)
Patrick sur Caramel (mars 2007) patrick@amelcaramel.net
http://www.amelcaramel.net , le site dédié au grand voyage en voilier
Crédit photos : Patrick – Marc - Gaétan
|