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Annexes et hors-bords
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C'est la bicyclette du campeur, la moto du motor-homiste, c'est le lien entre la terre et le bateau au mouillage, c'est la 4 x 4 de randonnée. On lui en demande beaucoup, être spacieuse pour embarquer tout l'équipage, supporter la charge, être marine et légère, être durable et bon marché, et surtout se faire oublier en navigation, si possible au fond d'un coffre. Beaucoup d'antinomies dans tout cela et comme pour le voilier lui-même, il faudra orienter son choix suivant le programme.
ANNEXE :
L'utilité première d'une annexe c'est de rejoindre la terre lorsque le voilier est au mouillage, une annexe minimaliste est parfaite pour cela, entre 2m et 2,5m avec plancher à rouler. Moins de 20 kg, un moteur de 2CV fera l'affaire.
Dès que les exigences augmentent : promenade, plongée, équipage nombreux, mer rocheuse ou corallienne, mer formée, région venteuse, il faudra adapter la taille de l'annexe et du moteur en conséquence sous peine de danger réel. Deux adultes devant rejoindre un bateau seul au mouillage par 40 nœuds de vent de face nécessite une annexe marine, sûre et un moteur d'au moins 8 CV. Cela nous est arrivé durant un grain de nuit à Camamu, sur une rivière au sud de Salvador de Bahia (Brésil) : impressionnant !
2 TRUCS de base importants :
- en fonction des éléments qui influent le choix de l'annexe (taille des bossoirs, des coffres de rangement, de la longueur disponible sur le pont, de son budget, …) choisir la plus longue annexe possible. Une longue annexe est toujours avantageuse en terme de capacité et lège, elle filera plus vite que celle de taille juste inférieure avec une motorisation moyenne. Si un choix subsiste entre 2 marques, prendre la plus légère.
- choisir la motorisation la plus puissante pour le même poids de moteur. Par exemple : les moteurs 6 et 8 chevaux sont souvent identiques. Le premier est simplement étranglé. Idem pour le 10 et 15 CV.
Ce qui nous a amené à nous équiper finalement d'une annexe gonflable AB à fond rigide en aluminium, de 3.20 m. Ceci après une longue expérience chez Zodiac.
Quels sont les avantages du fond rigide par rapport au fond en toile :
- plus marine, la carène en V fend bien la mer et offre un gros volume de flottabilité à l'avant
- pilotage plus précis, notamment dans les manœuvres d'approche (pas d'effet "savonnette")
- le fond rigide permet une vitesse supérieure pour une même longueur
- sécurité (souffre moins des contacts coralliens et rocheux), surtout vrai pour la carène alu
- le tissu externe en Hypalon (AB, Carib, Avon, …) réduit considérablement l'attaque des UV si dévastatrice sur les autres marques (Zodiac, Bombard, Eurovynil, …)
- confort d'un plancher plat et rigide
- elle se remorque facilement et sans risques
Quels sont les défauts du fond rigide par rapport au fond en toile :
- plus encombrant (non pliable)
- plus lourd
- nécessite une motorisation plus élevée
- plus cher à même longueur
Margé ces handicaps, ce ne sont pratiquement que des annexes à fond rigide que l'on rencontre aux Caraïbes. On n'y compte plus les tableaux arrières arrachés, les tissus délités, simplement par l'action des UV sur les marques n'utilisant pas l'Hypalon. Et surtout, une fois que l'on a essayé une carène rigide, on ne revient pas à celle en toile, tellement son comportement est plus marin.
Nous avons donc rangé sagement notre Zodiac Fastroller 3.40m dans le fond d'un coffre, car sa valeur marchande est ridicule après un an d'utilisation et que nous courrons toujours le risque de nous faire dérober la nouvelle ! Nous l'avons finalement revendue en République Dominicaine à un plaisancier français.
Nous rangeons l'annexe à différents endroits du bateau :
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- en navigation hauturière, à l'envers sur le roof arrière, où elle ne gêne pas la visibilité vers l'avant
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- en navigation sur les eaux protégées, elle se relève sous les bossoirs sans moteur
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- entre 2 mouillages proches elle est en remorque, bout pris directement sur la carène rigide
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- au port, nous la couchons à l'envers sur le pont avant, laissant toute la place à l'arrière
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- au mouillage avec le moteur de 10 CV, elle se relève le long de la coque sur la drisse de spi
- au mouillage avec le moteur de 3 CV, elle se relève sous les bossoirs
Attention : une fois relevée, ne pas oublier d'ôter le bouchon de vidange de l'annexe. Dans les régions tropicales, il pleut parfois très dru et le canot peut s'alourdir de plusieurs centaines de kilos, en créant de sérieux dégâts (poulie brisée, attaches sur l'annexe arrachées, bossoirs pliés, etc…)
Nous avions également une autre annexe : Sea Hopper, joli canot pliable à voile en bois vernis de 2.50m, fabriqué en Angleterre. Elle était rangée à plat pont. Nous ne l'utilisions finalement que peu et elle a trouvé des utilisateurs ravis chez nos amis de "Fruityfruit" : les enfants.
Nous voyons pas mal de bateaux qui emportent une seconde annexe ou un kayak (pliant, polyéthylène ou gonflable). C'est une bonne idée, car cela permet à l'équipage d'être plus indépendant, chacun dispose d'un moyen de déplacement et le kayak est un bon moyen de faire de l'exercice et de la promenade. En outre, on n'est pas privé totalement d'annexe en cas de vol.
Le vol d'annexe est le fléau du plaisancier. Partout, il est pratiqué mais comme je ne vois jamais de locaux piloter fièrement une annexe volée, je me demande bien où elles vont !
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La règle d'or est de toujours remonter son annexe hors de l'eau pour la nuit. On peut ensuite la sécuriser avec un câble gainé de 6 mm ou une chaînette inox de 4 mm (mieux). Ne pas lésiner sur la qualité du cadenas inox, c'est nettement moins cher que la franchise de l'assurance ! Six mètres de chaînette ou de câble sont une bonne longueur, car elle permet de cadenasser également le canot au ponton du port. Pour les moteurs HB, attachés sur le balcon, il ne faut pas seulement se fier aux petits cadenas que l'on passe dans les pattes de serrage, c'est très vite ôté. Dans les mouillages suspects, nous enchaînons moteurs et palan avec 2 chaînes inox et 3 cadenas, en plus du détecteur de mouvements installé dans le cockpit qui surveille tout l'arrière du bateau.
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Decibel TRUC : une autre option est d'utiliser une câble-alarme. Il s'agit d'un boîtier alimenté par une pile 9V d'où sort un câble enrobé de plastique. Il s'utilise comme un cadenas.Si le câble est sectionné, une sirène de 120 db hurle dans le boitier. A fixer sur un chandelier par exemple. Ce n'est pas nécessairement de nature à effrayer un malfrat, mais vous êtes certain d'être réveillé. A trouver dans les Bricos ou marchands de vélos. Toutes infos sur LOCKALARM. En prime, voici une vidéo de démonstration (en UK). Je ne fais pas l'article, mais pour 30 à 45 euros (suivant point de vente rontudjûû), je pense mieux sécuriser mon moteur.
En anecdote, nous avons rencontré un couple de français à qui il est arrivé une aventure on ne peut plus classique : au mouillage sous le vent de l'île Coche (au sud de Margarita - Venezuela), le Captain se réveille vers 02 heures du matin, entendant du bruit sur le pont, il sort et aperçoit à l'arrière de leur cata, un adolescent serrant dans les bras son cher moteur HB. Le Captain hurle "Au voleur, Ladrones, ectoplasme, etc…" Le gamin prend peur et essaye de s'enfuir avec le HB vers la jupe arrière où l'attend un canot et des comparses. Dans sa courte fuite, il se prend les pieds dans un cordage et … tombe à l'eau avec le moteur. L'escouade de scélérats prend la fuite, bredouille pour cette fois. Le moteur sera récupéré le lendemain et il fonctionne toujours. Un coup de chance de s'être réveillé, car le moteur pourtant fixé avec un cadenas dans les poignées, était presque parti.
Certains préfèrent ne pas marquer l'annexe du nom du voilier, car si elle est au ponton, c'est qu'il y a de fortes chances que personne ne soit à bord du voilier et que le champs soit libre pour les malfrats. Nous avons marqué la nôtre, pour la reconnaître parmi ses sosies et croyant naïvement, qu'ainsi marquée, elle serait moins attirante pour un voleur décidé à la revendre !
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Marker TRUC : utiliser pour le marquage un marqueur ARTLINE Garden Marker (dans les Garden centers), il résiste bien aux UV, sinon le joli nom sur votre annexe va disparaître en quelques mois.
Notre annexe pèse 57 kg, le moteur de 10 CV pèse 40 kg, Il faut y ajouter la nourrice (jusqu'à 20 kg), l'ancre et le petit bazar. On dépasse les 120 kg, pour tirer le canot sur la plage à deux, c'est limite mais c'est possible sur quelques mètres. Dans les Caraïbes, c'est suffisant puisque l'amplitude de marée est faible. Pour de grandes amplitudes de marée ou si on est seul, nous avons fixé sur le tableau arrière, des béquilles amovibles avec roues gonflées (roues de mise à l'eau Uship). Bien pratiques, elles restent à poste et se relèvent en navigation.
Il est aussi fréquent d'ancrer le canot à courte distance du littoral et le rejoindre à la nage. Avec le moteur de 3 CV, on tombe à 70 kg, et c'est plus facile.
Les plaisanciers américains qui se baladent avec d'énormes annexes équipées de gros moteurs, ont en conséquence de très solides bossoirs sur lesquels ils montent annexe et moteur. Nous sommes peu gâtés en Europe concernant les bossoirs. La plupart des modèles existants sur le marché sont à la fois trop légers et portent l'annexe trop bas pour être utilisés au large. Les portiques (sur mesure) multifonctions qui "ornent" parfois la poupe des voiliers de voyage remplissent mieux ce travail et servent également de support à d'autres instruments (radar, antennes, éoliennes, etc…). Les catas sont naturellement parfaits pour lever l'annexe entre les coques à hauteur du pont arrière.
Un détail d'importance, si vous installez des bossoirs sur votre navire, contrôler la position du feu de poupe. Il y a des chances pour qu'il ne soit plus visible.
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Pour tirer l'annexe derrière le bateau (non recommandé avec un fond de toile), on adopte la longueur de son choix, en principe, celle qui freine le moins (à essayer). Nous avons une amarre de 6 mètres, capelée sur un anneau soudé sur l'étrave de la carène rigide. Le dinghy a le museau bien relevé lorsqu'on le tire. Pour de courtes distances, nous laissons parfois le moteur dessus, mais relevé. L'annexe rigide le supporte bien mais ce n'est pas très conseillé !
Les deux marques qui dominent le marché aux Caraïbes sont AB (Artigiana Batteli, italien, mais surtout construit au Venezuela) et Caribe (Venezuela). Chaque marque dispose d'un large éventail de modèles. On peut les acheter facilement chez les shipchandlers des Antilles, à Trinidad ou à Puerto La Cruz. Essayer de l'avoir hors taxes (Grenade : Water Island, Trinidad : Budget Marine). Ces marques sont maintenant disponibles en France et c'est tout de même plus pratique de les acheter avant de partir ...
Un troisième larron est maintenant importée en Europe : Southern Pacific. Nous n'avons jamais essayé cette marque néozélandaise qui produit aussi une gamme de semi-rigides à coque aluminium. Le Shearwater 310 est repris sur ce lien comme exemple. Ces produits à prix corrects sont à suivre. Ils sont légers, bien finis, complets et couverts par une garantie de 6 ans. Disponible en France.
Dans le chapitre sur les "Liens utiles", vous trouverez les pointages sur les constructeurs de ces vraies annexes et leurs imporateurs en France.
Pour protéger leur dinghy, beaucoup de plaisanciers font faire un taud qui épouse les boudins et un autre qui coiffe le moteur. Comme le prix est élevé (20% du prix de l'annexe), je ne crois pas que cela vaille la peine, si ce n'est en le faisant soi-même.
Nous essayons toujours d'emporter avec nous dans l'annexe : un mouillage d'au moins 20 m, les rames, de l'essence en suffisance (éventuellement un Jerrycan de 10 l), un câble antivol avec son cadenas, un autre cadenas fermé sur les poignées du moteur.
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Parfois, nous prenons en plus : une VHF portable chargée (pour communiquer avec le voilier qui reste en stand by sur la fréquence convenue). De nuit, une lampe étanche. Il ne faut pas oublier les feux de navigation : en Europe un simple feu blanc sur pile monté sur ventouse trouvera sa place sur le capot du HB, mais aux USA, ils verbalisent tous ceux qui n'ont pas un tricolore, y compris les étrangers. A bon entendeur, ...
Ne pas oublier d'acheter plusieurs tubes de colle pour les réparations (on en consomme un par patch) et d'en racheter chaque année, car elle vieillit vite, même en tube.
Pour remonter de l'eau à bord de l'annexe : si un rétablissement ne suffit pas (ou plus), on peut se servir de l'embase du moteur comme appui pour les pieds ou acheter une échelle de corde ou d'inox que le shipchandler du coin se fera un plaisir de vous vendre. Les dames apprécieront…
TRUC piquant : avoir un seau dans l'annexe pour la chasse sous-marine, cela évitera aux aiguillons des nageoires dorsales de certains poissons de perforer par vengeance post mortem, le plancher gonflable de votre belle annexe (Rontudjûûû).
HORS-BORDS
Nous voulions nous couvrir à la fois des pannes et du vol, nous avons choisi de nous équiper de 2 moteurs :
- un très léger de 3 CV (14 kg) qui se manipule à bout de bras. Il est supporté par la plus petite des annexes et fait tout de même avancer une grosse.
- un plus gros de 10 CV (40 kg), qui ne se manipule qu'avec un palan, et qui est capable de faire déjauger une grosse annexe avec 2 adultes, voire 3.
Si les distances à parcourir sont courtes (avitaillement, check in-out, …), on a vite fait d'installer le 3 CV qui a un réservoir intégré. Pour les plus grandes distances, la promenade ou le mouillage venté, nous montons le 10 CV. A Essaouira (Maroc), le vent soufflait à 35 nœuds dans la baie, et nous devions secourir un jeune nageur en détresse, impossible de remonter le vent avec le 3 CV, le 10 CV était indispensable (voir chapitre 3 du premier voyage). Cette anecdote qui s'est heureusement bien terminée, montre qu'il ne faut pas sous-estimer la puissance nécessaire du moteur de l'annexe.
Nous avons choisi la marque YAMAHA. Ce n'est pas original, partout sur notre périple, cette marque occupe une large majorité du marché. Sa fiabilité est reconnue comme la meilleure. Lors du Rallye des îles du soleil, nous avons vu beaucoup de participants bricoler sur leurs HB, alors autant essayer de minimiser ce problème.
Malheureusement, le plaisancier est une proie facile pour les législateurs de tous (hors)bords. Malgré un mélange à seulement 1%, l'Europe a décidé d'imposer les moteurs 4 temps, même en mer. Ces moteurs ont un avantage : leur silence, mais un gros défaut : leur poids. A même puissance, les 4T sont 10 à 20% plus lourds que les 2T. Le punch du 2T disparaît sur le 4T de même puissance. Le volume du moteur est également plus important et la mécanique plus compliquée. Comme les 2T en usage sont autorisés à terminer leurs jours, je vous conseille de cajoler le vôtre et d'essayer d'en acheter un d'occasion si vous compter partir loin.
Booster TRUC : au retour de voyage, j'ai fait désétrangler le 9,9 cv Yamaha. C'est en effet le même moteur que le 13,5 et le 15 CV. Il suffit simplement de modifier sur le carburateur, le réglage de la butée "à fond" du câble des gaz. Nous avons maintenant 15 cv pour le même prix. Maintenant que vous le savez ... faites le avant de partir.
Pour manipuler le gros moteur (ou le même petit), nous avons installé sur un solide harnais de manutention sur la tête de moteur (Davis USA) et monté à l'angle du balcon arrière, une potence (Palinox France) avec un palan à 4 brins. Le tout donne satisfaction, mais si le clapot est fort, cela reste toujours un peu acrobatique.
Une housse largement dimensionnée évitera au capot moteur de blanchir trop rapidement sous les tropiques
CONCLUSIONS
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Voilà un bien long chapitre pour un petit canot ! Mais en voyage, on l'utilise tout le temps. Il souffre malheureusement beaucoup. J'estime sa durée de vie entre 2 à 4 ans suivant sa qualité et bien entendu, suivant les traitements subis. Mais on s'attache assez à ce petit engin !
Il ne faut pas négliger non plus l'aspect sécuritaire de l'annexe à carène rigide qui est en permanence sur le pont (ou sous les bossoirs). En cas de naufrage, elle sera la bienvenue en complément du radeau de survie.
Quant aux rames livrées avec tous les dinghys …, mieux vaut entretenir consciencieusement son HB.
Mise à jour : novembre 2007
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