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Anti-fouling et Carénage
Dans une gazette nautique américaine, je lis "Dream Boatyard livre son nouveau 44 pieds avec un anti-fouling perpétuel et non polluant …" On se réveille ! Ca n'existe pas … encore. Malheureusement, plus la peinture sous-marine est empoisonnée, plus elle est efficace. Résultat, pas de salissures sur nos coques, mais nos huîtres de Marennes et d'Oléron sont immangeables.
Les Etats s'en sont mêlés et donc on se débrouille avec la limitation de substance nocive dans la peinture. Pour les eaux tropicales, c'est pas terrible.
Ceci dit, je constate que depuis moins de 10 ans, il n'y a plus de mauvaise peinture antifouling, les chimistes semblent élaborer des cocktails assez efficaces et qui rentrent dans le cadre des législations actuelles.
La recherche est loin d'être terminée, les critères de pollution vont certainement devenir plus sévères.
Sale TRUC : acheter sa peinture et/ou faire son carénage dans les états qui ont une législation laxiste en la matière : Trinidad, Brésil, Venezuela. Les peintures sous-marines sont plus efficaces, même pour une même marque. Sea Hawk par exemple vend sous la même référence son auto-lissant à Trinidad, à Grenade et USA, mais ce n'est pas la même concentration. Dans les Antilles, une étiquette indique que le contenu de la boîte n'est pas autorisé aux USA …
Certains petits malins arrivent à acheter de l'anti-fouling pour cargo ou chalutier dans ces pays, mais je n'ai pas d'infos à ce sujet.
Il est également curieux de constater qu'il est difficile de trouver de bonnes marques à matrice dure sous les tropiques. L'auto-polissant le remplace presque totalement. Personnellement j'aime moins, car il faut éviter de passer un coup d'éponge en plongée sous sa carène. Pas facile non plus de trouver de l'anti-fouling blanc pour les amateurs.
Maxi Copper TRUC : il existe un concept modernisé du doublage à la feuille de cuivre des Clippers du 19 ème siècle. Il s'agit d'une application en plusieurs couches d'une suspension de poudre de cuivre.
Quelques sociétés tentent de percer sur ce marché depuis des années, mais les commentaires sont plutôt rares.
Voici le retour d'expérience de Philippe qui possède un Sun Odyssey 40 :
Concernant les anti-fouling à +/- 90% de cuivre , j'en connais particulièrement bien deux : soit Oceoprotec et Copper Coat (distribué en exclusivité par le chantier des Vénètes en France).
Ils utilisent tous deux un époxy soluble à l'eau avant durcissement qu'il faut mélanger avec un très fort taux de poudre de cuivre. Dans les deux cas, il faut un nettoyage parfait voire un ponçage total de toutes anciennes traces d’anti-fouling avant application, c'est vraiment ça le plus hard !
Ensuite, application de 4 couches, couches sur couches, à 2 heures d'intervalle. Puis durcissement total de 3 à 4 jour, avant un ponçage de surface léger afin d'éliminer la fine couche d'époxy qui recouvre la poudre de cuivre. Ensuite mise à l'eau.
Chaque année un léger coup d’éponge abrasive (type Scotch Brite) ou de papier fin suffit à raviver le cuivre et ça repart.
Oceoprotec ne s'adresse qu'aux professionnels qui font le traitement par projection pour environ 200 euros/m2. Copper Coat s'adresse aux particuliers qui peuvent faire l'application grâce à des petits kits comprenant le durcisseur, le résine et la poudre, ainsi tout est prêt pour faire son mélange soi-même : coût +/- 26 euros/m2.
Personnellement, j'ai fait le traitement avec Copper Coat sur mon 12m. Vu la différence de prix, je n'ai pas hésité d'autant plus que Copper Coat existe depuis plus de quinze ans et fait de plus en plus d'adeptes.
Oceoprotec ne fonctionne sérieusement que depuis trois ans. Ils ont un brevet sur un mélange mais qui ne marche pas donc qui ne sert à rien! Ils font donc comme Copper Coat avec une résine et un cuivre équivalent.
L'application au pistolet permet d'avoir une surface plus lisse qu'au rouleau. J'ai appliqué le Copper Coat au rouleau et le résultat est légèrement peau d'orange mais après ponçage léger le résultat est tout à fait satisfaisant. L'efficacité est là, maintenant il faut voir si dans 5 à 10 ans, je serais toujours satisfait.
Philippe - philipegg@yahoo.fr
Vous pouvez le contacter pour échanger des informations sur ce sujet
Reportez-vous à la page "Possibilités techniques" pour savoir où sortir son bateau sur un parcours Atlantique.
On peut presque toujours faire le travail soit même, le chantier oblige rarement d'utiliser ses services pour le carénage. A vérifier tout de même. Par contre il est presque toujours interdit d'utiliser de la main d'œuvre locale extérieure au chantier.
Anti-fouling sur hélice et arbre
Concernant l'anti-fouling pour hélice, après des années d'essais divers avec des résultats décevants, je trouve que ces produits s'améliorent également, surtout si on ne lésine pas sur les couches de primer et d'anti-fouling appliquées au spray. J'ai testé avec succès :
- JOTUN ANTI-FOULING PROPELLER. Il s'agit d'un primer pour le bronze et d'un antifouling bi-composant à appliquer en trois couches. Vraiment efficace pour une hélice de voilier. Le fabricant est le norvégien JOTUN dont on trouve les produits assez facilement (à Trinidad chez Peake)
- Plastimo :duo primer + antifouling en spray
- International Primer et Antifouling sprays pour hélice. Pas un éclat dans la peinture à la sortie de l'eau après une traversée retour de l'Atlantique et 240 heures de moteur (malheureusement sans vent ...)
Le carénage |