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CARTES
C'est le début du rêve, ce grand papier déroulé chez soi, le soir après le dîner, permet déjà de s'évader au-delà des terres. La carte se lit comme un livre un peu chiffré, une enluminure géante, il faut être initié pour en comprendre les secrets. Les couleurs parlent mieux que les lignes, les dangers par ci, la mer libre par là. Où sont les côtes accores, les chaussées mal pavées, les baies sous les vents dominants. Quelle est la nature du fond pour mon ancre, le courant m'aidera-t-il dans cette direction. La carte est une mine de renseignements pour qui s'amuse à la lire.
J'aime aussi relever les années des campagnes de relèvements. Derrière cet impersonnel morceau de papier, toute une aventure a déjà été vécue et chacun prépare la sienne. L'histoire des Cartes est jonchée de secrets, d'intrigues, d'espionnage et de gros enjeux géopolitiques et financiers. "Voies Océanes" de Mireille Pastoureau à la Bibliothèque Nationale de France est un ouvrage à posséder pour qui s'intéresse aux Cartes et à leurs histoires.
Mais venons en à son aspect pratique, bien connu de chacun d'entre vous, amis navigateurs : essayer de savoir où l'on se trouve et comment arriver là où l'on veut aller. Ces pages n'étant pas un cours de navigation, je rappelle simplement quelques points qui me semblent importants à l'utilisation d'une carte :
- lire sa date de mise à jour et savoir que si elle est ancienne, la réalité des constructions portuaires, des feux, des bouées voire des bancs de sable peut être différente.
- comme le GPS a changé notre mode de navigation, s'assurer du type de référence géodésique utilisé par la carte est bien le même que celui choisi sur le GPS. Les erreurs peuvent dépasser un mille.
- la source principale d'erreur de positionnement vient du report des coordonnées du GPS sur la carte et inversement, de l'encodage des Waypoints sur le GPS. Il FAUT re-contrôler tout échange de données entre carte et GPS.
- comprendre quelle est la référence des sondes indiquées sur la carte (plus basses mers, niveau moyen, etc….
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- avoir le livre des symboles utilisés sur les cartes marines édité par le SHOM et/ou celui de l'Admiralty
Pour les cartes modernes, des standards ont été décidés depuis bien longtemps et les cartes se mettent à ces standards au fur et à mesure de leur rééditions (WGS84, sondes aux plus basses mers).
Pour partir loin, il faut beaucoup de cartes, plusieurs centaines pour un tour du monde, plus d'une centaine pour un simple tour d'Atlantique. Au prix plein des cartes anglaises de l'Amirauté, on ne mangerait que du riz pendant le voyage. D'autres solutions moins onéreuses sont possibles :
- les cartes françaises du SHOM sont déjà nettement moins chers
- pour certaines régions, on peut choisir des cartes plus appropriées à la plaisance et qui sont moins nombreuses pour une zone donnée que les cartes d'état, tout en étant plus riches en infos pratiques. Imray-Iolaire pour les Antilles ou l'Angleterre, Navicartes pour les côtes françaises, Explorer pour les Bahamas, les atlas américains ou le chilien bien pratiques à l'usage, etc…
- on peut acheter des cartes d'occasion, souvent vendues par les plaisanciers à leur retour de voyage (bouche à oreille ou annonces magazines). On peut également les acheter en cours de voyage lorsque l'on croise des plaisanciers qui vont en sens inverse. Par exemple, je remonte du Brésil vers Trinidad, je peux vendre mes cartes au yachtie anglais qui descend sur Recife. Ce genre d'opportunité n'est cependant pas fréquent et il ne faut pas tout baser là-dessus.
- pour les zones rocheuses, on peut se contenter de cartes plus anciennes, par nature, les fonds et le rivage ne se modifient pas (j'entends un lecteur qui n'est pas d'accord …)
- on peut lisser ses dépenses en achetant ses cartes suivant l'avance du voyage. Attention cependant aux impasses : difficile d'acheter des cartes du Sénégal ou du Brésil sur place. Profiter d'une étape dans un endroit achalandé pour penser à l'avenir …
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- il est possible d'acheter des copies de cartes qui ne sont pas protégées par un droit d'auteur (copyright), comme les cartes américaines par exemple. Il est possible de s'en fournir à Paris (Sail-the-World sur le net, toutes les cartes disponibles sont listées). D'autres fournisseurs existent aux USA, au Venezuela (COMERCIAL STOP au 145 av. Municipal (local 6) à Puerto La Cruz - tél : 269 82 08), Panama. Il est possible de se faire expédier ces copies des USA vers l'Europe. La qualité des copies est assez moyenne, le papier léger et leur lecture est rendue nettement plus difficile à cause du manque de couleurs. Si on dispose de temps, il faut passer la rive et les dangers au feutre fluo. le prix des copies est de l'ordre de 5 euros.
- franchissons la barrière légale : votre copain Tartempion revient de 12 mois sabbatiques dans les îles, vous lui empruntez son paquet de cartes et vous allez les copier chez le premier tireur de plans venu. Prix de la copie de carte 3 euros sur du bon papier, mais vous êtes dès à présent un pirate !
- il vous manque en cours de route quelques cartes de détails, vous empruntez à un copain de mouillage la carte ou le guide et vous allez le copier au village, vous le scannez sur le PC du bord, ou vous branchez votre petit Personnal Copier Canon embarqué …
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Notre choix a encore été différent. Comme "système de secours", nous avons acheté un minimum de cartes à large échelle pour pouvoir toujours arriver sans se perdre. Le détail d'atterrissage, nous le prenons dans les guides nautiques qui sont indispensables. Mais nous ne naviguons plus sur Caramel qu'avec des cartes électroniques, système finalement bien moins onéreux, plus pratique et sûr. C'est le sujet du chapitre suivant.
Mis à jour le 17 avril 2005
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