La documentation administrative
Depuis 2006, les USA ont conclu avec une série d’Etats, principalement européens, des facilités d’accès aux frontières. Il s’agit du Visa Waiver Program. Vous trouverez la plaquette de présentation de ce programme sur le lien : http://www.cbp.gov/linkhandler/cgov/newsroom/publications/travel/welcome2us.ctt/welcome2us.pdf
On y lit que si un des ressortissants des pays ciblés par le VWP possède un E-Passeport, il peut entrer sans visa préalable aux USA. Ce E-Passeport est le fameux passeport dit électronique qui comprend une puce mémoire dans la couverture. Il est aussi appelé « machine-readable passport » (MRP). Cette puce contient les informations écrites du passeport en plus d’une photo digitalisée. Ces données sont en principe infalsifiables.
On ne remarque pas dans la plaquette de présentation du VWP d’exception pour les personnes qui arrivent avec leur avion ou yacht privé aux USA. Mais si on gratte plus loin dans les pages du gouvernement US, on trouve le texte suivant à la page http://www.travel.state.gov/visa/temp/without/without_1990.html#vwp :
When does a national of a VWP country need to apply for a visa instead of using the VWP?
(Which travellers may use the Visa Waiver Program to enter the United States?)
Nationals of VWP countries must meet the conditions noted in the section above in order to seek admission to the United States under the Visa Waiver Program. Travellers who do not meet these conditions must apply for a visa. In particular, a visa must be requested if the travellers:
- Wants to remain in the United States for longer than 90 days, or envisions that they may wish to change their status (from tourism to student, etc.) once in the United States;
- Wants to work or study in the United States, wants to come to the United States for other purposes not allowed on a visitor visa, or intends to immigrate to the United States;
- Does not have a machine-readable passport (MRP) issued or renewed/extended before 10/26/05, or is unable to meet other requirements outlined above for passports issued on or after October 26, 2005 or October 26, 2006.
- Intends to travel by private aircraft or other non-signatory air or sea carriers to the United States;
- Has been refused a visa or admission to the United States before, or did not comply with the conditions of previous VWP admissions (90 days or less stay for tourism or business, etc.); or
- Has a criminal record or other condition making them ineligible for a visa (see Classes of Aliens Ineligible for Visas).
Les phrases que j’ai surlignées en bleu indiquent que
- les passagers des avions privés,
- les passagers arrivant avec un transporteur aérien ou maritime qui n’a pas signé de convention avec l’état US,
sont placés hors du champ du VWP. Ils doivent posséder un visa préalable. Depuis longtemps, les avions privés sont traités de la même façon que les yachts privés. Il faudra donc un visa préalable dans ce cas de figure.
L’expérience des voileux
Bateau et équipage hollandais
« Je vous rapporte ce que nos amis Hollandais viennent de m'écrire concernant leur visa US :
La Hollande fait partie du Visa Waiver Program comme la France. Ils ont obtenu chez eux en 2007 un Visa Touriste Type R, Classe B1/B2, pour 10 ans, ayant prouvé qu'ils étaient indépendants financièrement.
Ils devaient se présenter à l'immigration tous les 6 mois pour avoir un nouveau permis I-94 mais lorsqu'ils sont entrés aux USA en octobre 2007, les douanes leur ont validé leur I-94 jusqu'au 30 juin 2008 (ils vont repartir avant cette date) et ils n'ont pas eu à se présenter à l'Immigration de New York où ils ont passé l'hiver.
Ils ont aussi obtenu une "ship cruising licence" pour une durée de une année. »
Bateau et équipage français
« Pour un français, la procédure administrative impose d'abord d'avoir un visa américain sur son passeport, visa que l'on peut obtenir à Paris, ou dans une autre ambassade. Ensuite, quand on arrive dans un port américain, il faut demander la "Cruising Licence" que l'on nous donne pour 6 mois en général (pour $37), parfois un an.
La procédure est d'abord de téléphoner au Customs (douane et police) en donnant toutes les coordonnées des personnes et du bateau. Ils fixent un rendez-vous et on va les voir. Là, ils donnent les papiers.
Dans notre cas, ça s'est passé à San Juan, Porto Rico. Il n'y a pas besoin de visa pour naviguer dans les Vierges américaines mais il faut faire sa "clearance". Ensuite, quand on change de port, il suffit de téléphoner aux Customs en donnant son numéro de Cruising Licence pour que la Clearance soit faite. C'est ce que nous avons fait en arrivant à Miami, il n'y a pas eu besoin de se déplacer pour remplir des papiers ou payer quoi que ce soit.
Les conversations téléphoniques sont parfois difficiles car ils parlent souvent un anglais rapide, avec des accents redoutables. Il ne faut donc pas avoir peur de les faire répéter. Ils sont gentils en général. »
Conclusion sur le visa
Malgré le WVP, il faut toujours obtenir un visa préalable avant l’entrée aux USA avec un yacht privé.
Pour obtenir ce visa dont la validité est de 10 ans, il faut s’y prendre bien à temps car les contacts avec une ambassade US ne sont pas toujours aisés.
Dans un premier temps, vous êtes invité à utiliser le téléphone. Vous écouterez le robot durant 15 minutes (communication surtaxée) pour constater que votre cas de figure n’est pas repris sur l’enregistrement.
Alors vous pouvez vous rendre au Consulat US (Avenue Gabriel à Paris) et y entrer sans rendez-vous préalable (dixit le garde à l’entrée du Consulat) ou vous pouvez également
obtenir un rendez-vous par l’Internet : http://www.usvisa-france.com ou par téléphone 0810 264 626.
Ce rendez-vous consiste en une interview du candidat au VISA. Vous exprimerez votre projet, vos antécédents, vos moyens de subsistance. Le coût du rendez-vous est de 14€.
Attention, il semble bien que ce rendez-vous pour l’obtention d’un visa ne soit possible qu’à Paris (pas en province).
Il n’est en principe pas possible d’obtenir ce visa dans une ambassade américaine ailleurs que celle de votre pays d’origine, à moins que vous n’y résidiez. Des amis français ont ainsi tenté de demander le fameux visa en passant aux Bahamas. Ils ont d’abord du payer la demande de visa, puis il leur a été répondu que ce n’était pas possible …
La procédure est enclenchée. Vous laissez votre passeport au Consulat à à l’Ambassade et vous le récupérez une quinzaine de jours plus tard avec un bel autocollant coloré. Le tout contre une jolie somme d’euros.
Je vous conseille de vous y prendre six mois à l’avance, car il est déjà arrivé que votre passeport avec son tout nouveau visa US se perde à l’ambassade ou à la poste. Il faut tout reprendre à zéro et repayer le passeport + le visa !
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Le reste de la procédure en arrivant aux USA
Vous avez votre visa, le bateau doit encore avoir le sien. A la première arrivée dans un port US répertorié avec un agent du CBP (voir liste sur leur site) :
- Appeler le CBP (US Customs and Border Protection) par téléphone,
- Remplir un formulaire I-94W par personne après inspection du yacht par les agents,
- Remplir un formulaire I-68 par personne pour pouvoir entrer et sortir des ports US sans repasser l’inspection, seulement en téléphonant au CBP via un visiophone installé dans les marinas ; coût 16 USD/personne, 32 $ maxi par famille.
Voici la page qui indique les formalités : http://www.cbp.gov/xp/cgov/travel/pleasure_boats/boats/pleasure_boat_overview.xml
Vous obtiendrez alors le Cruising permit, sésame de votre navigation tranquille au travers des water ways, en route vers la statue de la Liberté et de la ville de New York.
Si au terme d’une année de vagabondage, vous n’avez pas terminé les découvertes américaines, il suffit de passer un moment au Canada tout proche et bien intéressant avant de revenir vers les USA pour une nouvelle croisière.
Plus fort encore, il est tout à fait possible de faire camionner votre bateau de la côte Est à l’Ouest (Seattle). Une société spécialisée déquille votre voilier et le transporte en moins de 15 jours pour un prix abordable. Des amis ont fait cette expérience et sont ravis d’avoir découvert facilement la Colombie Britannique canadienne.
Beaux rêves et bon voyage
Patrick – Joëlle – et les autres (mai 2008) |