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TOURMENTIN ET MAUVAIS TEMPS

C'est une des choses les plus remarquables de cette longue escapade. Lors de nos deux voyages, chacun de plus de deux ans autour de l'Atlantique, nous n'avons jamais navigué avec des vents de plus de 35 à 40 nœuds. En encore, c'est arrivé cinq fois et c'était au portant. Nous n'avons jamais eu à tirer des bords de près durant des journées entières. Principalement à cause du parcours choisi (avec les vents dominants) et aussi par ce que nous avons eu un peu de chance…

Tous ne l'ont pas eu. Nos amis Kekova fin mai 2003, ont capeyés durant trois jours entre Bermudes et Açores, à sec de toile sur leur dériveur intégral de 39 pieds. Très gros temps, mer très grosse et dérive en direction de Terre Neuve, alors qu'ils revenaient sur l'Europe. Trois jours en famille avec leurs 2 grands enfants, bouclés à l'intérieur …

Nos amis régatiers Patrice et Danielle sur leur X-yacht 443 en mai 2002 entre Açores et Gibraltar : 2 jours à l'intérieur, de temps à autre ils poussent le capot pour regarder les cataractes d'eau salée qui parcourent le pont. Seulement avec un mouchoir de poche à l'avant. Ce sont de très bons marins, très expérimentés, mais l'expérience n'est pas toujours agréable…

Sur le parcours circum-Atlantique, il y a en gros deux zones qui risquent de poser des problèmes. La première se trouve entre le continent et les Canaries (golfe de Gascogne, traversée sur Madère, Madère-Canaries et le long de la côte marocaine). Le baston est d'autant plus probable que l'on quitte l'Europe tard en saison (après août). Nous sommes partis début juillet de La Rochelle pour arriver mi août aux Canaries et passer l'été à naviguer dans ce magnifique archipel. Après les Canaries, on peut mettre son ciré sous vide jusqu'au départ de la transat dans l'autre sens.

La seconde est entre les Bermudes et l'Europe. Il est à mon sens important de réaliser cette longue traversée à partir de début juin pour profiter du répit dans les dépressions américaines qui déboulent vers l'Est. Cela laisse le temps de naviguer quelques semaines aux Açores avant le risque des vents d'Est fin août. Il est possible de tomber dans les calmes plats, mais nous préférons avancer au moteur sur une mer plate que de dériver à sec de toile dans un shaker.

Nous avons installé un étai largable et un foc de brise, mais nous n'avons pas encore eu réellement le besoin de nous en servir.

Nous avons aussi un tourmentin, plus par confort moral que par réelle crainte de très gros mauvais temps (heureux optimiste va !). Sur les précédents bateaux, en Mer du Nord et Atlantique, il est rarement sorti sauf pour prendre l'air, les abris étant finalement assez proches. Et en Méditerranée, nous avions un cotre dont la trinquette en remplaçait l'usage.

Notre choix s'est porté sur le modèle à double pli de DELTA VOILE.

Il se présente sous la forme d'une valise rectangulaire en toile plastifiée. Elle s'ouvre et se pose autour du génois enroulé. Deux bouts en sortent : point d'amure et point de drisse. D'une poche, on déroule une écoute que l'on ramène au cockpit.

Une fois l'ensemble capelé à poste, il suffit de hisser rapidement la drisse pour que la voile rangée en accordéon ouvre les velcros de fermeture de la valise et que la toile monte gentiment autour du génois enroulé.

Au port cela marche bien et il n'y a pas de raisons qu'en mer cela ne fonctionne pas si l'on suit bien la procédure. Mais nous n'avons jamais eu le désagrément de le tester en conditions de gros temps.

Je vous parlerais peut-être de pétanque à l'heure actuelle …

Mise à jour : juillet 2007


 

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