Les Aventures

drôlatiques

 de l’excellent

André Rihouay

Aventures de mer

Le gars Rifuna


« - HEY MAN ! MY FRIEND ! »

Déjà, j'aurais du me méfier du look du gars qui m'aborde, black, tee-shirt mité, barbe mitée, … Normalement, le clignotant rouge s'allume. Le gars m 'appelle « MY FRIEND”. Normalement là, la sirène d 'alarme retentit.


Mais allez savoir pourquoi un voyageur averti comme moi qui en vaut bien deux, va y causer au gars ? A celui-ci qui a tout du petit arnaqueur de rue ! Et vas y que je lui fais des sourires et vas y qu'on est tous frères pas vrai !


« - Et toi t'es qui, mon frère ? »

« - Garifuna Man, Garifuna, Donno Garifuna ? »


Stop info : quand les héritiers de Colomb : les colons, en ont eu marre de massacrer les indiens Caribes et les noirs marrons, ils les ont déportés sur les bases de pirates des îles de la baie au Honduras et sur les côtes aux alentours, comme ici à Livingstone, Guatemala.


Ce joyeux mélange indien-noir-pirate a donné : le « Garifuna », langue créole où traînent encore quelques mots de français. Il traîne aussi sa démarche nonchalante le long des rues à la recherche du blanc pigeon ou d'une quelconque combine à deux dollars. Mais il y a surtout sa musique Man, sa musique !


Et justement, mon gars se dit musicien. Même qu'il serait venu en France à Carcassonne pour un festival ! (baratin classique de l'arnaqueur : « Vous êtes français ? je connais, j'ai été là-bas, je connais un français qui, … etc ».


« - I play music Man, I play music »

« - Ah bon ! Comme c'est passionnant ! Mais c'est que je veux absolument un disque de vous mon ami ! »

« - Ain't got no disc Man, no disc »

« - Que ne m'en gravez vous point un ! J'en serai si ravi ! »

« - Ain't got no money Man, no money, give me 6 dollars and I go look for a disc Man »

« - Mais bien sûr, mon ami. Tenez ! Ah, je n'ai pas de monnaie. Qu'importe, prenez mon billet de 10 $, vous me rendrez la monnaie, n'est ce pas ? Nous sommes entre gentlemen ! »


Et pourquoi ne pourrait-on pas de temps en temps, arrêter de se méfier de tout le monde, faire confiance aux gens qu'on ne connaît pas, baisser un peu sa garde. Se dire qu'il y a sûrement quelque part, des gens et des pays qui valent le coup !


Je ne sais pas si cela vous arrive, mais moi ça me prend parfois et ça me donne comme un vertige. Ce serait tellement plus simple. Mais la vie c'est pas ça. Le gars est parti et je ne l'ai pas revu.


Et moi : cool ? Pas du tout ! Comment peux-tu être aussi con. Garifunas de mierda, tous de la racaille ! Pourquoi ne les a-t-on pas tous tués, je vais finir le travail …


Quinze jours plus tard, nous repassons à Livingstone et fatalité, je retombe sur mon gars. Depuis notre rencontre, j'avais d'abord élaboré tout un tas de supplices pour lui, puis le calme est venu et je l'ai abordé sans haine.


« - Et mon disque ? » l’interpelle-je. « Enfoiré », j'ajoute tout bas.


« - Your disc Man ? Je l 'ai donné à un gringo avec qui tu causais et qui devait te le donner avec ta monnaie ! Man je le jure, je ne suis pas un menteur ! »


« - Mais bien sûr ! Allez dégage ! Tant pis, je ne connaîtrai jamais ta musique ! »


Une heure après, il me tend un disque : « I'm not a lyer, Man »


Je lui tape sur l'épaule et lui dit : « Je ne sais pas pourquoi mais je savais qu 'on pouvait te faire confiance »


Je suis un enfoiré, me dis-je, on dirait un homme politique.


La musique m'a paru encore meilleure ce soir là.


Il est bon le garifuna, il est bon !


André (andrerihouay1@hotmail.fr) 

Aux Galápagos, c’est peinardos


Impressionnante avec ses six mètres de long, son gros évent et ses gros yeux qui nous regardent d’un air gourmand, la baleine est restée collée à la coque pendant un bon quart d'heure. Elle nous a montré son ventre blanc et s'en est allée dans l'immensité du Pacifique en nous laissant tout ébaubis.


Une petite nuit aux Perlas, on resterait bien mais il y a exceptionnellement du vent et on veut en profiter. Alors roule, poussés par vent et courant portant pendant six jours. Un jour de plus au moteur et nous voilà arrivés à San Cristobal de Galápagos, accueillis par les otaries qui sont les reines du mouillage.


Hop ! Un bon coup de rein en s'aidant des nageoires avant et arrière, l'otarie se hisse et se répand sur la jupe d'Atsani, puis attaque une petite sieste, leur principale activité. Il y en a des dizaines, sur les bateaux, dans les annexes, sur le quai. La bonne cinquantaine qui jonche la plage du village, dégage une odeur qui fouette grave.


Et ça joue, ça gueule en bêlant, beuglant, bréant, mi-chèvre mi-porc, ça renifle, tousse, crache, passe la tête par les hublots, mate tout ce qui se passe. Sur la plage, tu peux les toucher, même pas peur. C'est plutôt toi qui cours si un gros mâle de 150 kg te fait signe de dégager.


Vraiment des grosses déconneuses ces otaries, cela ne m'étonne pas qu'elles aient des dispositions pour le cirque. Mais Galápagos, ça veut aussi dire tortues de terre géantes : 100 kg et jusqu'a 180 ans. Il en reste 3.000 sur les 150.000 qui vivaient avant que les équipages des bateaux de passage ne les capturent comme réserve de viande. Ces pauvres bêtes peuvent rester un an sans boire ni manger, pratique pour un bateau.


Autres animaux à découvrir, les fous à pieds bleus et les requins marteaux avec lesquels nous essaierons de nager en partant dimanche sur les Marquises ....

Là où le temps s'immobilise ...

En attendant, ici aux Galápagos,

Il s'écoule peinardos.


André (andrerihouay1@hotmail.fr) 

Le coup de la baleine


Vers 10h00, Richard est sur le pont. Il voit des gerbes d’eau sur bâbord avant, étalées sur 300 ou 400m. Ca saute, ça fait des bonds, un énorme banc de thons caracole à ½ mille de nous. Je me déroute pour passer au milieu.


Dix jours que nous n’avons rien pêché, mais ils semblent nous fuir et je laisse tomber. Nous reprenons notre cap S-O. C’est la pétole, nous sommes au moteur. Une heure plus tard, le vent se lève et nous sortons le spi pour avancer gentiment à 5 nœuds.


Vers 11h30, on commence juste à penser au pastis, quand je vois à nouveau des gerbes d’écume à 1 mille de nous. Je me dis : "encore des thons". Mais cette fois ça souffle, ça ne saute pas.


Je prends les jumelles. Des baleines, aucun doute, énormes. Elles se rapprochent. Un troupeau de baleines, peut-être une centaine par groupes de vingt ou trente, qui nagent à pleine vitesse en formation serrée. Elles passent à cent mètres de nous. Fascinés, nous les regardons nager à plus de 10 nœuds sur bâbord, c’est hallucinant, incroyable, jamais vu auparavant. Elles passent, elles foncent, vers où ? Pourquoi ? Pour qui ?


Soudain Jean-Claude hurle : « Une baleine devant ! ». A cinquante mètres une énorme bête fonce droit sur nous. Un instant de flottement à bord, tant pis c’est trop tard pour réagir, elle va bien nous éviter. Oui sûrement, elle va se dérouter, ou plonger, c’est sûr… 1 seconde, 2 secondes, je débranche le pilote et je tourne la barre à droite toute. Nous avons un peu de vitesse, mais la bête est à une longueur.


« Atsani » tourne lentement, Richard me demande de border l’écoute, je me penche sur le winch, la bête est là qui longe. Elle est sur nous, le monstre gris-noir déboule tel un sous-marin en surface, droit sur sa trajectoire sans dévier d’un pouce.


Quinze mètres de long sur deux de large, le cétacé est aussi long que le bateau. Elle fonce toujours à 10 nœuds et ne nous voit pas, nous ignore. Que peut-elle craindre ici. Elle passe à frôler l’arrière… On serre les fesses, c’est notre seul champ d’action !


Peut-être que trente tonnes à cette vitesse aurait arraché le safran, l’hélice, l’arrière du bateau et quoi encore ? Le naufrage ? La mort ? Nous sommes choqués, abasourdis. L’énorme dos du monstre s’éloigne imperturbable. Toute l’aventure a duré 15 secondes.


Il faudra bien deux pastis pour nous en remettre. Un bouquin du bord nous dit que c’est bien une zone à baleines et que des attaques ont été signalées. Je suis persuadé qu’elle ne nous a tout simplement pas vus. Elle avait branché son régulateur d’allure. Somnolente ou bigleuse peut-être, en tous cas énorme, impassible, certaine que rien n’oserait se mettre en travers de son chemin.


André - Juin 2009 (andrerihouay1@hotmail.fr) 

Nage avec les raies


D’abord on distingue deux ailerons distants de 4 mètres et qui avancent de conserve. Puis apparaît du noir au milieu. Une raie Manta à 20 mètres du bateau, dans la baie d’Haname Noe à Tahuata !


Le temps d’enfiler masque et palmes, je nage vers elle sans trop de bruit. J’approche doucement, me fige. C’est elle qui vient ! Une énorme aile noire dessus et blanche dessous, vole lentement et majestueusement vers moi. Sa bouche est béante. Je pourrais y disparaître d’un seul coup !


Je dois me concentrer pour me rappeler qu’elle ne mange que du plancton. « Moi pas plancton, moi pas plancton !». Elle me frôle, passe à un mètre de moi, je frissonne, mes poils se hérissent d’émotion. Magie …


Elle part, puis revient et fait des loopings à la surface devant moi. Une fois, deux fois … dix fois, exhibant ses dessous blancs rayés. Parade amoureuse ? Je reste médusé, peut-être un peu amoureux, moi aussi. Je ne pourrai pas la suivre dans les profondeurs. Ça plonge profond, une raie.


Je m’en suis remis, car ses copines sont venues me voir tous les jours. On finissait par les connaître et les appeler par leurs prénoms : « Raiegine », « Xraie », « Raiedibitoire », « Raieduc », etc.


André - Juin 2009 (andrerihouay1@hotmail.fr)

Pêche à la chevrette


« T’es sûr de vouloir venir à la chevrette ce soir ? ». J’aurais du me méfier quand Honoré m’a demandé ça avec un petit sourire dubitatif. Nous ramenions ses chevaux après une superbe balade de toute la journée autour d’Aneho, au nord de Nuku Hiva aux Marquises.


J’imaginais une petite sortie apéritive d’une heure ou deux. Que nenni Messire ! En selle derechef, à la nuit tombée, nonobstant votre cul en feu. Nous voilà tous repartis : Honoré et son petit frère Pumatu, Fabrice et moi. Riri s’est habilement excusé, le fourbe.


Nuit noire, les chevaux ont l’air de connaître, tant mieux. Je vois à peine le ravin sur le coté. Après une heure, on laisse les chevaux dans une clairière. Après la pause clop,  on marche une heure dans la brousse, sans se laisser distancer par les deux frères qui marchent comme sur un chemin dans les branches et les rocs, jusqu’à la rivière.


Nous voilà à pied d’œuvre pour la pêche à l’écrevisse, appelée ici, «chevrette». Le jeu consiste à les repérer et à les éblouir avec notre puissante torche pour les piquer à l’aide d’une sorte de trident. Rassurez-vous, avec nous les «popas», elles gardent toutes leurs chances, mais Honoré remplit sa besace à une cadence stupéfiante. Quel est ton secret ? « Je fais ça depuis que je sais marcher, pour aider la famille qui était pauvre, on vendait au restaurant» (chez Yvonne, à Hatiheu, excellente adresse, ndla).


On remonte la rivière en sautant de blocs en blocs, marchant dans l’eau, escaladant les troncs d’arbres rampants ou morts. Bientôt, il n’y aura pas que les arbres qui seront morts car la plaisanterie se prolonge jusqu’à 2h du matin…


Ça fait déjà une heure que ma torche a rendu l’âme, je prends un peu d’avance sur le chemin du retour et soudain, je vois deux yeux blancs qui me fixent, là en pleine forêt. Ça ne bouge pas, je flippe un peu mais je m’avance tout de même. Je distingue finalement un des chiens partis chasser avec le frangin d’Honoré pendant que nous pêchions. Il attendait là à côté de son maître endormi sur un rocher.


Pause cigarette, ils fument moitié tabac, moitié herbe, comme tout le monde ici (l’herbe pousse facilement dans le jardin et il faut acheter le tabac). Les frères continuent, mais je suis cuit. Je vais me coucher sur un rocher. «Pas sous un cocotier» conseille Honoré. Je m’endors comme une pierre sur cette pierre que je trouve super-confortable.


Ils reviennent deux heures plus tard, le sac rempli de chevrettes. Nous crapahutons à nouveau une heure pour retrouver les chevaux. Une varappe à flanc de coteau sans chemin, il faut suivre un tuyau qu’ils ont certainement du balancer par hélico. Ce n’est pas possible autrement, tellement la brousse est dense.


Encore une pause cigarette, il est cinq heures, on re-selle les chevaux dans la nuit et on revient gentiment vers le village. On est bien, le corps flotte. Le jour se lève quand nous arrivons à la maison. Je bois quelques gorgées de rhum et rentre au bateau, harassé de fatigue mais heureux.


Ce midi, chacun mange son kilo de chevrettes. Certainement les meilleures du monde mais foutre, ça se mérite !


André - Juin 2009 (andrerihouay1@hotmail.fr)

Pêche au milieu des requins aux Tuamotu


Au début, c’est comme d’habitude, tu promènes ton fusil-harpon au milieu des patates de corail disséminées sur le sable blanc et constellées de myriades de poissons. Tu  choisis une proie, tu tires et tu la rates.


Puis finalement, tu en chopes un, puis deux, et puis au moment de tirer le troisième, tu te retournes, on ne sait pourquoi, et il est là, à dix mètres. Le squale passe, il ne semble pas te remarquer ou il t’ignore, un peu comme le barracuda.


Bon, tu attends sagement qu’il disparaisse, tu vas retirer, tu te retournes et il est encore là. Non, ils SONT là. Il y en a deux maintenant, toujours l’air indifférent. Ce sont des requins pointes noires, pas méchants, juste intéressés par ta pêche, au cas où il y aurait des miettes à grappiller.


Quand ils sont quatre ou cinq, tu commences à te rapprocher subrepticement de l’annexe, sans en avoir l’air. Arrive un requin gris de deux mètres, il faut se méfier. Puis un requin tigre s’intéresse à l’attroupement, il faut sortir tout de suite. On ne se fait pas prier pour palmer dur.


On a tous entendu des histoires de requins, mais rarement de la bouche de ceux qui les ont vécus. Notre ami Norbert nous a expliqué qu’il s’était fait manger un bout de palme par un requin gris, en pêchant dans la passe d’Apataki … Là où j’ai nagé la veille en toute quiétude !


Ce sont, pour moi, les premiers contacts avec ses charmantes bestioles, pas les derniers, il faut que je m’y habitue. D’ailleurs, je vais tout à l’heure dans la passe de Ranguiroa réputée pour ses squales.


André - Juin 2009 (andrerihouay1@hotmail.fr)

Paré à harponner le mahi-mahi !


Au Soudain le poti marara fait un bond en avant. Mollement appuyé sur le bord, je manque de me répandre sur l'énorme glacière qui occupe la moitié du bateau. L’autre moitié est pleine du Volvo 200CV, celui qui rugit en ce moment, sollicité par Casimir, le meilleur pêcheur de l'île qui m'a invité à l'accompagner aujourd’hui.


Poti marara ? un bateau de pêche rapide (30 nœuds si besoin), avec les commandes à l’avant : un manche - style joystick - pour avant/arrière/droite/gauche et les manettes moteur à droite. Le pêcheur-pilote est encastré dans son logement, avec à bâbord de son minuscule cockpit, deux énormes moulinets montés sur leurs cannes et à portée de main sur tribord, … le harpon !


Casimir a maintenant les deux oreilles dressées, le cou tendu, le regard fixe. Yessss, il l'a vu le reflet vert mordoré ! Oui ça y est je le vois aussi. Dorade coryphène ! Appelée ici mahi-mahi. C'est pour voir ça que je suis ici, le mahi-mahi poursuivi ne plonge pas, ne sonde pas, il essaie de semer son poursuivant par des virages rapides, mais rien n’y fait, le poti-marara est bien trop maniable.


Casimir joue des gaz, du manche et sa troisième main empoigne le harpon dès qu’il a réussi à faire passer mahi-mahi à tribord et à portée de sa main tridentée. D'un coup, il se jette hors de son cockpit le harpon levé et vlan, d'un seul coup, d'un seul, il transperce la bête. Oui c'est bestial, ancestral, mais c’est beau, ça me transporte !


A basculer le mahi-mahi dans le bateau, en deux coups de lame, il est découpé vidé et coincé sous la glace, prêt à la vente : 40 euros. Quinze ' plus tard, rebelote toujours au harpon.


C'est bon j'ai vu, je veux bien rentrer maintenant, mais Casimir est au boulot lui. Allez en avant pour quatre heures de traîne sans rien pour s’abriter. Cagnard maxi !


Bzzzzzzz ! Un moulinet est parti à fond la caisse ! Flegmatique mais avec un petit sourire, Casimir annonce en mettant un coup de gaz : "Espadon ". Il me montre le moulinet. "A toi”.


Péniblement en 10', je remonte 50 m de fil sur les 400 que la bête a pris d'un coup. Anthony me relaye. Pareil, encore 50 m. Puis hilare, Casimir prend le moulinet et les choses en main et finit le boulot pendant qu’on jette un coup d'œil méprisant sur ce qui nous sert de bras.


C’est bien un espadon qui finit par se ranger le long du bord. Casimir le soulève d'une main - 70 kg - et l'assomme à coups de matraque. On le bascule dans le bateau. Petit rostre par rapport à celui de Fabrice aux Marquises, mais beau bestiau tout de même. Il sera vendu en filets.


C'était les aventures de l'oncle André, bien le bonsoir à tous et à chacun.


BONUS : poti marara en vidéo en ligne


André - Avril 2010 (andrerihouay1@hotmail.fr) 

La raie dans la passe


Elle est là, immense, elle bouge à peine

à peine quelques ondulations

de ses ailes de géantes la maintiennent

facilement face au courant. Fascination

noir blanc noir blanc

manteau noir, dessous blanc

virage sur l'aile, blanc, retour en place, noir

la gueule ouverte sur un grand krill.

"J'ai faim" ou "Encore " ?

Elle se gave de plancton

nous nous gorgeons de sa beauté

nous aussi bouche bée

d'admiration

et aussi autour du tuba pour respirer,

agrippés à ce balcon de corail

sous peine d'être emportés.

On est là, scotchés à 5m de la bête

qui nous surveille d'un œil placide.



Passe de Maupiti, bouée rouge, courant sortant 8 nœuds.


Le 20 septembre 2010 à 15h. Raie Manta de 4m d'envergure.



C'était " une raie dans la passe " et non pas " une passe ....

par DD le poetpoete. Eh oui, un poete est né !


André - Novembre 2010 (andrerihouay1@hotmail.fr)  

Arrivée aux Tonga


Vers 21h, après le film, André sort pour faire pisser le chien et c'est là sous la pleine lune, par cette brisette d'Est que l'envie lui prend

Aussi tôt pensé, le spi est envoyé

Celui de Fabrice, le grand spécial petit temps, sans tangon, grand voile à 3 ris dans l'axe

Je dormirai sur le pont ce soir là, je sommeille et j'entends parfois le pfrrrrittt de l'oreille de spi qui se déroule doucement

A chaque fois que j’ouvre l'œil, je vois la lune à travers le spi

Est ce qu'on peut imaginer quelque chose de meilleur ?

Extase et béatitude

Au petit matin les Tonga apparaissent, j'ai du bien roupiller parce qu’elles me semblent bien proches

Les Tonga ! Il y a 5 ans pour moi c'était une fin en soi, un aboutissement

Là c’est surtout un changement de date

La ligne ne passe pas par là mais elle fait un détour, ordre du roi !


Donc on perd un jour, on est passé direct du samedi au lundi, sucré le dimanche !

Tant pis on retourne au boulot, sans moufter


Bon,  je crois qu'on a fait presque la moitié du chemin

en 4 ans, pour un voyage de 5 ans


Cherchez l’erreur...


André - Novembre 2010 (andrerihouay1@hotmail.fr)




Des hommes de paille ?

Non, les princes des Tonga !

Le manchot à oeil jaune


Bon alors, pour le Manchot à oeil jaune, je tiens à corriger une erreur trop fréquente : il ne sort pas de l'eau au crépuscule comme son cousin le Manchot bleu ou pygmée, plus petit, plus vulnérable, plus mignon.


Non, le jaune sort en milieu d'après-midi, tranquille. Et que je te cause avec les voisins, et que je me pavane, je me sèche les ailes, je retourne à l'eau … pourquoi pas !


Bref je prends mon temps alors que dans les fourrés de la falaise, les petits qui les ont sentis arriver, gueulent comme des putois affamés qu'ils sont.


Un vrai boxon qu'ils nous mettent ces petiots, sans que ça émeuve les parents. « Non, mais ils vont pas nous lâcher ceux là ! ».


Eux p'têt pas, mais moi oui ça m'émeut. Assis sur un tronc pétrifié au jurassique, je les mate aux jumelles sur cette plage de Curio Bay au sud de la Nouvelle Zélande. 47° sud tout de même.


Les Otaries à fourrure qui se baugent dans un maelstrom de laminaires géantes n’en ont rien à faire, ni les Dauphins d'Hector qui viennent jouer avec les baigneurs.


Les petits manchots bleus sortent tous ensemble quand la nuit tombe, en ligne et en une minute, ils sont à l'abri des hautes herbes de la falaise. Les petits font toujours un raffut de tous les diables. Faut dire qu'ils ont la dalle depuis ce matin !


Je tenais à préciser tout ça pour que vous passiez une bonne journée.

Aââh, je vois que ça va mieux tout de suite !



André - Février 2011 (andrerihouay1@hotmail.fr)

America’s Cup à Auckland


J'avais prévu un scoop en exclu pour vous sur ces nouveaux catas de l'America’s Cup que je voyais sortir tous les jours devant nous à la marina de Viaduct Harbour à Auckland. Mais trop tard ! Fuck ! Je tombe sur mes photos dans le Voiles et Voiliers de mars !


Vous savez donc tout sur ces engins, mais voilà les photos tout de même, prises par Babeth depuis pont de notre Atsani, s'il vous plaît. Respect.


Pas « easy » les photos. C’est un exploit technique que d'arriver à faire la netteté vu la vitesse d'Atsani quand on les a doublé, que dis-je, laissés sur place, scotchés, humiliés.


Même que Larry m'a fait une offre que j'ai du refuser pour raisons patriotiques. Il est parti, déçu. « Attend Larry ! » je disais ça comme ça, « OK pour 100 millions la vérité ! »


La vérité ? Par 6 nœuds de vent, Atsani rampait à 1 nœud. J'allais envoyer les sieurs Volvo quand l'aile nous a frôlé à …, allez je dirais 10 nœuds !!! Damned ! Amazing !


Scoop quand même Oracle, NZ et les suédois s'entraînent ensemble, même hangar, même grue et se tirent la bourre tous les jours dans la baie.


Ils mettent maintenant à l'eau le cata gréé avec son aile. Dès qu'ils ont largué les amarres, ça part comme un pet sur une toile cirée, tout de suite à donf dans le port. Chaud devant !


Atsani dans ses beaux habits neufs filera bientôt ses 6 nœuds dans le Pacifique vers les Vanuatu, qu'il atteindra en une huitaine de jours pour y passer deux mois à caboter d'îles en îles.


Adieu les Kiwis, bonjour les Nivans. Mais non, ce n'est pas une marque de voiture mais les habitants des Vanuatu qui se disent les plus heureux du monde. Cela tient en un mot : Happitumas. C’est du Bismala (leur sabir, mélange d’anglais, de français et de langage local). Faut tout vous dire !


La bise d’André, Reporter happitumas – Auckland - Avril 2011

Le broussard des océans


Daho à une tête à faire peur à des blancs qui n'auraient jamais vu de mélanésiens, mais il parle tout doucement, il susurre à l'oreille des vaches, une sorte de faible mugissement.


Je crierais plutôt plus fort "Aiiiiche ! iiiiii !" tellement je me prends au jeu. Il s'agit de pousser trois cents vaches, taureaux, veaux, génisses vers le "stockyard", le corral où elles seront identifiées, marquées, pucées. Nous sommes chez Robert, propriété de 900 hectares aux portes mêmes de Nouméa.


Ma jument est une nerveuse, elle ne tient pas en place et je fais des aller-retours derrière les bêtes, il y en a toujours une qui cherche à prendre la tangente. La jument connait le boulot, elle pique sur la rebelle, couche les oreilles et va jusqu'à lui mordre un peu les fesses ! Que ça rentre dans le rang et fissa !


Une fois au "stockyard", elles doivent passer une par une dans le couloir et ce n’est pas gagné d'avance, surtout les mères "suitées" d'un veau qui ne veut pas les lâcher, quitte à te charger méchamment. Là, tu dégages et grimpes vite fait de l'autre côté de la barrière en priant pour qu'elle soit solide !


Pendant ce temps là, deux taureaux - une tonne chacun - se chamaillent. L’un d’eux est soulevé, puis roulé, roué de coups, l'arbitre n'intervient pas. Victoire par K.O.


Ensuite il faut les ramener aux pâturages. Voilà une journée bien remplie à se taper le cul. Enfin du vert, de la bouse, des bêtes, un vrai bonheur pour un marin !


Dans un mois, on remet ça pour les vermifuger, traiter contre les tiques, etc… C’est bon la vie du broussard…


André, reporter vert - Octobre 2011 (andrerihouay1@hotmail.fr)

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