Poële au gasoil FORCE 10

Poële Taylor compact avec réservoir sous pression séparé.

Chauffage air plus gasoil Eberspächer

Poêle au gasoil FORCE 10 avec dessus «bouilloire».

Poêle «Hot Pot - Davey» au charbon et au bois.

Schéma simple de climatisation.

«Porte» plexi en deux parties pour garder le chaud ou froid (clim) dedans.

Chauffage air pulse Truma à gaz butane.

Poêle Taylor avec dessus pour bouilloire.

Chauffage à bord

Vie à Bord

Ramsgate. Il fait bigrement froid et humide, un vrai printemps de mer du Nord. Je décide d'allumer le poêle à gasoil pulsé (Taylors) que j'ai monté cet hiver sur la cloison principale de mon Sangria. Une pastille d'alcool pour chauffer le brûleur, une série de coup de pompe pour comprimer l'air du réservoir. Je tente l'allumage en craquant une allumette et en ouvrant progressivement la vanne. Le combustible s'enflamme aussitôt et part en large torchère. Pas moyen d'arrêter le bazar. La cloison noircit et le skaï du plafond fond. Je prends l'extincteur et le vide sur le brûleur. Tout se calme, ça pue, il y a de la poudre blanche partout, on est obligé de tout ouvrir et de commencer à tout nettoyer dans le froid de ce mois d'avril 78 … Rontudjûûû


Cet incident m'a foutu une vraie trouille. L'hiver suivant, je le démonte et installe un radiateur à catalyse (gaz), en d'autres mots sans flamme apparente. En réalité, elle est présente dans une espèce de matelas en laine de roche. L'appareil est plat, compact, mais condense une humidité effroyable : celle de l'air dans lequel nous sommes … En outre les 2 bouteilles de 3 kg de gaz sous la couchette du carré ne sont pas vraiment sécurisantes.


Bateau suivant : j'hérite d'un chauffage à air pulsé de marque Volvo en forme de valisette que je découvre bien rouillé dans l'espace exigu entre le tableau arrière et le cockpit, au fond d'un coffre. Au premier essai, j'enfume le bateau d'une odeur âcre qui rappelle les embouteillages derrière un autobus. Ensuite, plus rien. Pas moyen de le réparer, il n'est plus fabriqué. Rontudjûûû again


Je le remplace par un Ebersprächer D5L neuf. Quel changement ! Le Nirvana. Nous atteignons déjà les tropiques à Dunkerque où nous restons quatre jours à cocooner, coincés derrière l'écluse Tristam par du gros temps. La pluie est battante, 6 degrés dehors et 25 dedans.


Avoir chaud dans le bateau est tellement important quand il fait froid dehors et que l'on vit à bord. Cela vaut la peine de faire un petit tour ... de chauffe.


Les classiques :


  • Chauffage électrique avec ventilateur permet au port de réchauffer rapidement le carré ou une cabine, mais une pièce à la fois. Cela ne sèche pas vraiment l'atmosphère, mais coupe le froid rapidement. Infernal pour dormir. 1000 à 2000W. Utilisable dans les ports équipés. A partir de 25 €.


  • Chauffage électrique céramique, variante du modèle précédent, mais nettement plus compact et plus cher. Toujours le ventilateur bruyant mais il se range facilement. Utilisable dans les ports équipés. A partir de 100 €.


  • Chauffage électrique statique à 3 positions (500, 1000 et 2000 W). Large et plat, c'est une caisse métallique avec quelques résistances. L'air chaud monte naturellement. Modèle sans ventilateur suffisant. On le laisse branché toute la nuit sur 1000 W, ce qui maintient une température agréable et commence à sécher le bateau. Son silence est appréciable. Nous fixions ce modèle sur une cloison durant la saison de chauffe. Utilisable dans les ports équipés. A partir de 25 €, parfait pour les WE d'avant et après saison.


  • Chauffage à gaz type catalyse, pas mal pour le mouillage, délivre au moins 1000 W. Existe en mural ou à visser sur la bouteille. Ne pas laisser la nuit, même si vous faites confiance à la sécurité oxygène. Condense beaucoup d'eau. Sa variante brûleur « soleil » est à éviter. A partir de 100 €.


  • Chauffage à air pulsé : consomme le gasoil du réservoir principal et … l'électricité des batteries. Installation soignée indispensable. Montage nettement plus aisé à la construction du bateau, car le tubage amenant l'air chaud vers les cabines et carré est difficile voire impossible à intégrer ensuite. De l'air frais aspiré à l'extérieur est chauffé par contact avec la chemise d'une chaudière à fioul. Il est ensuite poussé par un ventilateur dans le bateau. L'air de combustion et l'échappement de la chaudière se font par un circuit totalement séparé. Le bateau est rapidement réchauffé dans son ensemble et sèche plutôt bien. Le débit d'air chaud est réglable, mais ce peut être un peu bruyant pour la nuit. La consommation électrique n'est pas négligeable (2 à 8 A en 12 V). La consommation de gasoil est raisonnable en régime de croisière (0,15 à 0,50 l/h). La chaudière se monte dans un coffre ou dans tout endroit technique, car elle est peu volumineuse. Bien réfléchir à l'échappement (pont, coque, tableau arrière) et au risque d'ingestion d'eau de mer qui serait fatal. Gros avantage, sa facilité : on tourne un bouton et dans la minute qui suit, de grosses bouffées de chaleur vous envahissent : un délice. Parfait pour les latitudes tempérées et les hivers doux. A partir de 1500 € + montage (Ebersprächer ou Espar, Webasto, Wallas). Il existe un modèle au gaz, essentiellement pour la navigation fluviale (Truma).


  • Chauffage à air pulsé mural, s'installe dans la pièce à chauffer mais ne chauffe qu'un volume réduit grâce à ses 1200 W. Consomme du pétrole (ou du gasoil) et un peu d'électricité. Aisé à installer (seulement cheminée au travers du pont), c'est probablement un bon système pour les petits bateaux. ?? € (Wallas)


  • Chauffage à air pulsé portable : en forme de valisette à placer à l'extérieur. Un tuyau d'air chaud expédie l'air dans le bateau. Le réservoir de gasoil est incorporé (5 L pour 15 heures de marche), un câble est à brancher sur le 12 V. Un modèle de 4000 W chez Ebersprächer.


Les sérieux :


  • Chauffage à eau douce, principe et consommation identiques au chauffage à air pulsé, mais le fluide est de l'eau qui est chauffée dans la chaudière. Des tuyaux de faible section véhiculent l'eau chaude dans le bateau jusqu'à des radiateurs ou des aérothermes qui réchauffent les différents espaces. Plus facile à installer sur un bateau construit, mais les radiateurs ne sont pas toujours faciles à placer. Chaleur agréable et système silencieux qui peut tourner 24/24 h si la chaudière le permet. Les chaudières vont de la minuscule 4000 W de 2,5 kg aux gros modèles cubiques pour les gros navires de travail. C'est le système pour les navigations en eaux froides et les hivers rudes. A partir de 1500 € + montage (Ebersprächer, Webasto).


  • Chauffage moteur, il est possible d'utiliser l'eau de refroidissement dans un circuit échangeur de température (comme pour le ballon d'eau chaude) et d'envoyer les calories dans les radiateurs. Efficace et peu cher mais ne fonctionne qu’avec le moteur en route.


Les exotiques :


  • Poêle au gasoil en inox qui trône dans le carré. Carburant identique au moteur. Certains modèles sympas existent avec une fenêtre permettant de voir la flamme ou permettent de poser la bouilloire. Puissant mais encombrant, pas toujours facile de trouver une place dans le carré. Mise en route parfois laborieuse mais ensuite fonctionnement silencieux et utilisable la nuit, mais pas toujours en mer. Cheminée imposante, chaleur agréable. A partir de 950 € (Marine Stove Sardine, Taylors, Force 10, Refleks, Sigmar).


  • Variante au pétrole qu'il faudra stocker en plus du gasoil.


  • Variante au bois et au charbon. Appareil en fonte, idéal vieille marine. Pour ceux qui n'ont pas peur de se salir ou qui hivernent à l'orée de la forêt canadienne. Détecteur de monoxyde de carbone impératif, de même que la hache …


Les interdits :


  • Poêle indépendant au mazout ou pétrole, genre Zibro Kamin qui consomment l'oxygène à votre place et qui n'ont pas d'évacuation des gaz brûlés.


  • Non, le poêle à pellets marin n’existe pas encore… (cheminée trop grande).


Les luxueux :


  • Chauffage électrique intégré dans la climatisation. Si le bateau est équipé de climatiseurs, un léger surcoût permet d'intégrer des résistances de chauffe de 1200 W qui suffisent à contrer un froid raisonnable, à condition que les fusibles de quai le permettent. La ventilation peut être bruyante. Utilisation temporaire sur le groupe électrogène.


  • Idem, mais air préalablement refroidi (donc séché) avant d'être réchauffé. Comme dans la voiture, mais en grand. Idéal pour sécher le bateau, mais orgie d'ampères que seul le groupe électrogène peut supporter. Réservé aux gros bateaux qui ont un groupe qui tourne 24/24 h et des clim silencieuses. Un autre monde …


Cool TRUC : la porte en plexi. En 1 ou 2 pièces, permet de garder la chaleur (ou la fraîcheur sur un bateau climatisé) dans le bateau et d'éclairer agréablement le bateau.


Les bateaux métalliques (bons conducteurs thermiques) ont une déperdition plus importante que les bateaux en polyester.

Les aménagements intérieurs (armoires, équipets …) qui garnissent l'intérieur du bateau participent à une certaine isolation, mais ce n'est pas toujours suffisant (surtout pour les bateaux en métal).

Le pont en sandwich balsa est naturellement isolant. Pour les hautes latitudes une isolation sérieuse doit être envisagée, pour la coque mais également pour les hublots et capots (par un doublement des surfaces transparentes pour diminuer la condensation, principe du double vitrage). Mais c'est le programme de quelques rares navigateurs. Sur les bateaux bataves et scandinaves, il est parfois possible d’avoir en option des hublots en double vitrage (GEBO).


Faites un tour dans le chapitre « Liens Utiles - Confort à bord » pour retrouver les principaux constructeurs.


Reste la chaleur humaine sous la couette. Plus de débats, place aux ébats …


Dernière mise à jour de l’article : décembre 2019

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